La randonnée du Mont d’Arménaz (alt 2158m) au départ du parking du Couvent (Bauges, Savoie)

La randonnée du Mont d’Arménaz (alt 2158m) au départ du parking du Couvent (Bauges, Savoie)

Comme tout amoureux du massif des Bauges (Savoie et Haute-Savoie) qui se respecte, je me suis lancé il y a quelques années de cela dans le projet de réussir l’ascension des 14 sommets de plus de 2000 mètres d’altitude des Bauges. Un clin d’œil rigolo et plein d’humour bien évidemment au mythique défi sportif qui consiste à gravir / à escalader les « 14 montagnes de plus de 8000 mètres de l’Himalaya et du Karakoram »… Et en cet automne 2019, tel l’immense alpiniste et grimpeur Reinhold Messner dans ses (très) grandes années d’exploits (rires !), j’espère avancer ce challenge qui me tient à cœur maintenant que j’habite au pied des Bauges (et plus précisément dans la commune de Grésy-sur-Isère). Direction donc, en un vendredi matin pluvieux du mois d’octobre le massif des Bauges, avec un objectif précis : grimper le Mont d’Arménaz et ses 2158 mètres d’altitude ! Et si la météo le permet, j’aimerai (beaucoup) enchaîner ma rando jusqu’au sommet du Mont Pécloz (alt 2197 mètres) puisque le Mont d’Arménaz et le Mont Pécloz sont deux sommets voisins, distants de seulement quelques centaines de mètres à vol d’oiseau… à suivre !

Topo rando : le splendide Mont d’Arménaz et ses 2158 mètres d’altitude (Bauges, Savoie 73)

  • Date : automne 2019.
  • Durée : 3h47 minutes de randonnée aller-retour, dont 2h03 minutes de montée et 1h44 minutes de descente. Pour information, ma distance totale lors de ce circuit montagne a été d’une longueur de 15 kilomètres ≅.
  • Météo : temps couvert au début, puis vents forts et pluie importante sur les crêtes. Je suis rentré de mes vacances ensoleillées à Madère (Portugal) il y a seulement 2 jours (sur zone, j’ai réalisé l’ascension du Pico Ruivo alt 1862 mètres, point culminant de l’archipel de Madère) et je peux vous dire que le changement climatique est / a été brutal !
  • Dénivelé : 1301 mètres de D+↑ et de D-↓ au total de ma randonnée (selon mon GPS Garmin).
  • L’équipe du jour : absolument tout seul, et je n’ai croisé personne si ce n’est ≅ 10 vaches et ≅ 15 chamois (d’après mon comptage).
  • Massif : Bauges, département de la Savoie.
  • Itinéraire d’ascension : départ de la rando au parking du Couvent (alt 865m) – Prendre le sentier du GRP du Massif des Bauges – Lieu dit de la « Piste de la Chapelle » (alt 990m) – Lieu dit du « Fond des Prés » (alt 1110m) – Passage à proximité du Chalet des Gardes – Crête de l’Arménaz et du Pécloz (≅ alt 1995m) – Sommet du Mont d’Arménaz (2158 mètres d’altitude) – Descente par le même itinéraire qu’à la montée mais en sens inverse – Retour au point de départ.
  • Carte IGN : dans la série TOP 25 (échelle 1/25000), il faut prendre la carte papier référence 3432 OT (ou la référence 3432 OTR si vous préférez une carte plastifiée, résistante et recto-verso).
  • Accès départ : pour faire le même circuit randonnée que moi et grimper le Mont d’Arménaz par sa voie normale, le rendez-vous est donné en voiture dans la commune d’École en Bauges. À École (code postal 73630, code commune 73106), vous devez prendre avec votre véhicule la direction de « Jarsy » et du « Vallon de Bellevaux ». Au premier croisement à la sortie du village (de École), il faut ensuite suivre le « Nant Fourchu », le lieu de « Carlet » et celui de « Notre-Dame de Bellevaux ». Le terminus de la route se situe alors un peu plus loin, au parking du Couvent (alt 865 mètres) : c’est en effet ici qu’il faut se garer pour débuter la randonnée. Note : le « Mont d’Arménaz » est correctement indiqué et bien fléché sur les panneaux directionnels dès le départ de l’itinéraire.

ΔΔ Journal de bord d’une belle rando dans les Bauges :  ce matin je n’ai aucun doute ! La météo va être maussade tout au long de la journée et il doit même faire grand mauvais en altitude. Je viens en effet d’arriver au parking du Couvent à l’instant et je lis qu’il fait 5 petits degrés sur le compteur thermomètre de ma voiture. Le ciel est encore à moitié clair, mais de la pluie est annoncée pour la fin de matinée. Il va donc falloir faire vite et être prudent… 5 minutes après avoir quitté le parking de départ de ma randonnée (pour bien s’orienter dès le début, il faut prendre la route goudronnée qui monte sur la droite depuis le parking), je bifurque (comme prévu dans mon planning) à un croisement sur ma gauche, ce qui me mène sur un tout petit sentier forestier. Heureusement que je suis équipé de mon GPS car le commencement du circuit / de l’itinéraire n’est pas évident à trouver et il n’est donc pas facile de bien s’orienter (du moins c’est mon avis) malgré le fléchage du parcours !

Le petit chemin sur lequel je marche et qui serpente à travers les arbres monte fort ! Après 100 mètres de dénivelé positif environ, je rejoins la grande piste forestière de Notre-Dame de Bellevaux. Cette dernière s’adoucit finalement rapidement et au fil des minutes je me rapproche du pied de l’Arménaz. Je suis en forme aujourd’hui et je suis très heureux d’être dans mon massif montagneux préféré (et oui, je suis un grand amoureux des Bauges) !

45 minutes environ après avoir quitté ma voiture, j’arrive au lieu dit du « Fond des Prés » (alt 1110 mètres). Depuis cet endroit, les choses sérieuses débutent enfin et je le sais… Je me lance ainsi sur un petit sentier s’élevant rapidement dans la pente ; ce dernier est cependant très agréable et mon altimètre s’envole enfin. Je pousse sur mes bâtons, j’accélère la cadence si je ne veux pas me retrouver trempé dans quelques dizaines de minutes et je sens (logiquement) le rythme de mon cœur s’accélérer !

En arrivant à un petit col non marqué et non référencé sur la carte IGN de la zone (Col qui se situe à proximité du ruisseau d’Arménaz), le ciel se couvre véritablement. J’aperçois au-dessus de moi le « Chalet des Gardes »… je me dis que s’il pleut trop dans un moment, j’irai m’abriter là-bas à la descente car les premières grosses gouttes de pluie commencent à tomber, ce qui est vraiment galère ; je le sais au fond de moi, la fin de ma randonnée ne va pas être évidente. Mais je ne suis plus si loin du sommet alors je décide de m’accrocher. Il me reste une grande combe à monter, puis à bifurquer à droite sur la crête. Le Mont Pécloz, magistral, sera cependant inaccessible aujourd’hui ; son terrain d’accès va être en effet dans quelques minutes très glissant et donc impraticable.

À proximité de mon arrivée sur les crêtes de l’Arménaz, 10 à 15 chamois me dépassent sur le dessus. Quel spectacle, je suis ébloui par tant de beauté… merci Dame Nature ! Mais dans le fond cela est plutôt logique car les pentes de l’Arménaz et du Pécloz sont connues pour abriter de nombreux chamois. Pas impressionnés par ma présence, ces derniers me regardent puis finissent par s’éloigner au loin. Ils auront été aujourd’hui mes seuls compagnons de rando avec les quelques vaches qui mangeaient / qui mangent paisiblement dans l’herbe au niveau du Chalet des Gardes. En arrivant au Col du Pécloz (alt ≅ 1995 mètres), la météo se gâte pour de bon ! Je bifurque à droite (en orientation SUD-EST) en direction du Mont d’Arménaz et abandonne toute idée de monter au Mont Pécloz. Ce sera pour une prochaine fois, je m’en fais la promesse.

Sur les derniers mètres de dénivelé devant me mener au sommet du jour, je me fais bâcher par un gros vent et par une forte pluie. Il fait froid, la neige ne doit pas être très loin car je suis persuadé que l’Isotherme est proche. Le paysage est bouché mais je suis très impressionné par les très grosses crevasses de l’Arménaz qui sont sur ma gauche en montant (je ne dois donc pas être loin de ma maison à vol d’oiseau car je pense voir ces dernières à la jumelles depuis mon jardin). Mais reconcentrons-nous sur mon ascension ! Une chute ici serait fatale à n’en pas douter. Et finalement, après un dernier gros effort, j’arrive au sommet du Mont d’Arménaz des Bauges ; du moins il me semble, car je ne vois pas à 5 mètres devant moi. Mais je crois que je suis bien au sommet car je suis à côté d’une grande croix sommitale en bois, qui est à terre. Heureusement ma pensée est enfin validée quelques secondes plus tard par mon GPS inReach de l’entreprise / de la marque Garmin : je suis bien au sommet du Mont d’Arménaz à 2158 mètres d’altitude, 2h03 minutes après avoir quitté le parking du Couvent. Je suis heureux mais à cause de la météo catastrophique qui s’abat sur moi, je ne m’attarde pas au sommet. J’avale un gel, je fais un relevé satellite de ma position (un waypoint) et je m’apprête à partir !

Normalement, les randonneuses et les randonneurs gravissant le Mont d’Arménaz font une boucle du sommet, en passant à la descente par le chalet d’Armène. Aujourd’hui à cause de la météo qui est très mauvaise et qui (j’ai l’impression) se détériore encore, ce sera mission impossible pour moi. Je débute donc rapidement ma descente par mon itinéraire de montée, trempé et en colère contre mes chaussures LA SPORTIVA TX4 qui ne tiennent absolument pas en terrain mouillé malgré leurs semelles qui sont censées être accrocheuses. Plusieurs fois, je ne passe pas loin de la correctionnelle et de la catastrophe ! Heureusement que j’ai cependant avec moi mes bâtons, qui me servent de troisième et de quatrième appuis…

Finalement après de nombreuses glissades et après quelques frayeurs pour mes chevilles, 3h47 minutes après avoir déclenché mon GPS, je suis de retour à ma voiture et au parking de départ de ma balade. Ma descente aura été longue et fatigante mais une chose est évidente, je vais revenir très rapidement sur zone pour grimper le Mont Pécloz (qui est le troisième plus haut sommet des Bauges ALT 2197 mètres après la Pointe d’Arcalod ALT 2217m et la Pointe de la Sambuy ALT 2198m) parce que je suis triste de ne pas y être monté aujourd’hui (même si je suis fier d’avoir renoncé à mon projet à cause du danger et à cause du terrain glissant) et car désormais, je connais presque par cœur le chemin d’ascension du parking du Couvent jusqu’au Col de jonction avec le Mont d’Arménaz. Du Col au sommet du Mont Pécloz, il me restera alors ≅ 202 mètres de dénivelé positif. En mode rando/escalade, évidemment… peut-être même que je remonterai à l’Arménaz pour profiter de la vue, sait-on jamais !

  • Note personnelle : je suis très satisfait aujourd’hui de ma condition physique. Je me suis trouvé en forme tout au long du circuit et j’ai très bien encaissé musculairement la descente du Mont d’Arménaz et ses 1301 mètres de D-. Cela est une belle, très belle nouvelle car normalement je souffre beaucoup aux quadriceps lors d’une descente de plus de 1000 mètres de dénivelé négatif ! Mais en ce jour et depuis mes randonnées réalisées il y a peu à Madère les voyants sont bons alors vivement ma prochaine randonnée !
  • Sur le site internet / sur la plateforme WEB Géoportail, lorsque j’applique sur la zone du Mont d’Arménaz des Bauges une carte de la France de 1950 et que j’enlève donc le fameux filtre TOP 25, je peux voir que le Mont d’Arménaz s’appelait le Mont d’Armène il y a 69 ans de cela, et je peux également voir que le chalet d’Armène était déjà présent / déjà répertorié sur la zone sommitale. Je me pose ainsi 3 questions : qui a donné son nom à qui (est-ce que le Chalet d’Armène  a donné son nom au Mont d’Armène ou est-ce l’inverse) ? Pourquoi le Mont d’Armène est devenu au fil du temps le Mont d’Arménaz ? Et enfin, quelle est l’origine du nom Armène ? Est-ce le nom d’une (ancienne) famille d’habitant(e)s des Bauges ? Je ne sais pas mais j’aimerai beaucoup le savoir ! À l’époque, de nombreux chalets d’alpage portaient le nom de leur(s) propriétaire(s)… si par hasard quelqu’un a une information à me donner sur ce(s) sujet(s), j’en serai très heureux alors n’hésitez pas à m’écrire à l’adresse mail clementchabert@icloud.com ! Merci beaucoup les ami(e)s !

En passant le Col du Frêne en voiture (normalement c’est en vélo de route !) suite à ma randonnée, 25 minutes environ après avoir quitté le parking du Couvent, je fais quelques calculs dans ma tête. Avec le Mont d’Arménaz des Bauges réussi aujourd’hui, je suis seulement à 7 sommets validés sur 14 de mon projet ce qui signifie que j’ai encore du boulot devant moi. Reinhold Messner ne serait pas fier de moi (humour) ! Alors place à la suite et à très vite !

5CHC.PSY.ALE21.1SEM(24)
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