Au moment où j’écris ces lignes et ce récit d’ascension du sommet du ponta do pico ( point culminant du Portugal, 2351m, archipel des acores), je suis reposé et au calme, en train d attendre mon repas, assis sur la terrasse du bar Snack le Simpatia dans la tres belle ville de Madalena ( Pico Island, groupe Central de l archipel des Acores). Reposé car croyez-moi, je n’étais pas du tout dans cet état là dimanche soir après l’ascension du volcan du Pico. Cette ascension a été pour moi très violente que ce soit physiquement, mentalement, et musculairement.
Le sommet du Pico est le point culminant de l’archipel des Açores, et également du Portugal. Ce volcan se situe sur l île de Pico, et culmine à 2351m. Il offre à son  sommet un panorama merveilleux sur l île de Pico, l île  de Faial et l’île de Sao Jorge. Son ascension n’est pas difficile physiquement et techniquement à condition d’être en bonne condition physique et d être habitué à faire de la randonnée. Le départ de l’Ascension se situe à la maison de la montagne, à 1229 m d altitude, posée sur le flanc du volcan du Pico. Le sentier mesure 3,5 km de longueur pour un dénivelé positif de 1122m. Des grands poteaux blancs sur tout le chemin de la montée vous indique la bonne direction. Vous pouvez vous rendre à la maison de la montagne facilement en voiture depuis Madalena, Lajes do Pico et Sao roque do Pico. Il suffit de prendre la direction du centre de L’île  et de vous éloigner de la côte pour vous rendre au pied du volcan. Vous pouvez également suivre la direction « Reserva Natural montanha do Pico ».

Récit: en arrivant dimanche matin vers 10 heures sur L île de Pico, la fatigue du voyage était déjà bien présente. Alors que je devais arriver le samedi soir sur Pico, mon vol depuis Lisbonne a eu six heures de retard et une escale imprévue sur l’Ile de Terceira. L’avion n’a pas pu se poser sur l aéroport de Pico, mais sur

celui de Terceira, une des îles du groupe central de l archipel. Je suis donc arrivé à destination le dimanche matin après presque 12 heures de retard.

Le directeur de l’hôtel ou je loge, dans le petit village de Criacao Velha (3km après Madalena), le Al nova vista, me récupère vers 10h15 pour m amener à destination. L hôtel est très sympathique, et offre une vue superbe sur l’île de Faial et sur la ville de Horta, sa capitale. Impatient après des mois d attentes, très excité et très heureux d être enfin arrivé, je décide de partir directement pour le volcan du Pico, un de mes gros objectif de mon séjour aux Acores. Je prépare rapidement mon sac de montagne, prends des vivres de courses, de la crème solaire et des vêtements chauds et étanches pour le sommet. Ne voulant pas appeler de taxi pour faire quelques économies, je décide donc de m’élancer depuis l’hôtel pour rejoindre le sommet du volcan. La journée sera longue,  très longue. Cette itinéraire rajoute environ 12 km de plus par rapport à l’itinéraire traditionnel, donc 24 aller-retour. Je déclenche mon chrono et commence la montée. Il fait déjà très chaud. Je remonte une longue route goudronnée en direction du pied du volcan et de la maison de la montagne. Il fait grand beau,  la vue est magnifique ainsi que le sommet. J’ai de la chance car normalement à cette période de l année les perturbations sont très fréquentes. Le temps ne sera d’ailleurs pas très beau le reste de la semaine, j’apercevrais en effet le sommet seulement le mardi après midi et le vendredi après-midi.

Au fur et à mesure que je m’éloigne de la côte, je me rapproche de grands pâturages ou des vaches sont  installées. L’agriculture dans L île est très importante. La vue sur l’océan et sur la côte est merveilleuse. La chaleur sur le goudron devient écrasante. Je multiplie les poses et les ravitaillements. Pour plus de rapidité, je décide de couper à travers champs des que j en ai l occasions et de rejoindre la route goudronnée à chaque lacets. Enfin après 2h30 de montee,  japerçois au loin la maison de la montagne. Une heure plus tard, exactement 3 h 26 d efforts après avoir déclenché le chrono depuis l hotel, j’arrive à la maison de la montagne. Je suis malheureusement déjà très fatigué, la chaleur m’a épuisée et les 4 petites heures de sommeil de la nuit dernière commence à me peser. Alors que normalement l’ascension commence à cet endroit pour les randonneurs et alpinistes , j’ai déjà pour ma part 3h30 de course et de marche dans les jambes ( 1100m de dénivelé et 13 kilomètres environ après s être perdu a un croisement). Je m arrête quelques minutes pour prendre un coca cola et remplir ma bouteille d’eau avant de reprendre mon chemin. Il va falloir être très fort pour la suite.

Je commence le début du sentier. De grand poteaux blanc indiquent la bonne direction et le bon itinéraire jusqu’au sommet. Il fait tres chaud et la végétation est très intense. Je croise de nombreux randonneurs,  qui eux descendent. Ils m’adressent avec un sourire des petits messages d’encouragement. Cela fait toujours chaud au cœur. Je décide de calmer mon rythme de monter, pour garder des forces pour la longue descente qui m’attend. Le terrain est très meurtrissant musculairement, je pose mes mains à plusieurs reprises pour m’aider à monter. Le sentier n est vraiment pas roulant. Alors que le brouillard commence à se rapprocher de moi et à recouvrir la partie basse du volcan, je rentre dans la partie finale du sommet. Le vent se lève. Je me ravitaille une dernière fois avant de commencer la partie finale du Pico. Les derniers mètres de dénivelé sont assez raides,  il faut se servir des mains pour assurer quelques passages techniques. La roche est très chaude et je sens l’odeur du soufre, pas de doutes possibles, je suis bien sur un volcan!

J’arrive finalement au sommet du Pico, point culminant du Portugal, après 5h49 efforts depuis le départ. Le vent souffle très fort au dessus de l’Atlantique,  je prends quelques photos avec panda avant de me lancer dans la descente. Le brouillard recouvre malheureusement tout le sommet, je n’aurai donc pas de panorama sur les îles de l’archipel des Açores! Dommage!

Je descends très prudemment les premiers mètres de dénivelé de descente, et retrouve deux randonneurs anglais qui n iront pas jusqu’au sommet. Le mauvais temps arrive.
Au fur et à mesure de la descente, mes jambes me font de plus en plus souffrir. Le terrain n’est absolument pas agréable, je glisse de très nombreuses fois sur des petites pierres en me rattrapant au dernier moment avec mes poignets. Je dépasse de nombreux randonneurs à la descente qui eux aussi, comme les Anglais, se sont fait piéger par le mauvais temps. Je prends mon temps et décide de m’économiser et de descendre prudemment. Je croise à nouveau chaque poteau blanc balisant le sentier du sommet. J’aperçois en contre bas la maison de la montagne,  la fin du sentier n’est plus très loin. Heureusement, car je sens quelques gouttes me tomber dessus. Le brouillard est désormais très épais.

Je m’arrête quelques minutes à la maison de la montagne pour remplir ma bouteille d eau. Je croise une jeune femme qui me demande a quelle heure j ai été enregistré pour le sommet … Apparement il y a avait un Check in, que j ai loupé ! Je m excuse poliment avec quelques mots en anglais et un sourire, avant de continuer mon long chemin vers l’hôtel.
Je ne parviens pas à emprunter le même itinéraire qu’à la montée et je me perds assez rapidement. Je décide de rejoindre la principale route de L île pour pouvoir retrouver mon chemin. Il pleut malheureusement à grosses gouttes et le vent souffle fort. Alors que je perds un peu espoir et  beaucoup de motivation ( déjà 9h30 de course à pieds et de marche) , un agriculteur redescendant de son champ s’arrête devant moi en voiture et me propose de monter avec lui. J’accepte volontiers. Je n en pouvais plus et la fatigue devenait très intense. 20 minutes plus tard, l agriculteur très sympathique du nom d’Emmanuel me pose devant mon hotel. Nous avons beaucoup parlé, il était très heureux de m’avoir raconté son séjour au salon de l’agriculture à Paris.

Une fois arrivé à l hotel, Je me rends compte que je m’étais complètement perdu, en prenant pour direction la partie nord ouest de l’île alors que j aurai dû prendre la direction de l ouest! Une petite erreur qui me servira de leçon.
Je suis très fatigué par cette longue journée et ce gros effort. Je file sous la douche avant de prendre un très bon repas pour retrouver des forces à

 

Bilan de la journée : 9h30 d efforts, environ 39 kilomètres et 2300 m de dénivelé positif et négatif dans un terrain absolument pas roulant. L’objectif de la journée est cependant atteint avec l’ascension réussie du Pico, point culminant du Portugal,  mon 14 ème point culminant de pays réussi à travers le monde!
Demain sera une journée de long repos avant de commencer mardi matin à traverser les îles de l’archipel des Açores en courant! Mais avant tout, j’ai grand besoin d’une grande nuit de sommeil. A très vite.