Nous sommes enfin arrivés à Barpak. Aujourd’hui, nous sommes partis de Katmandou aux alentours de 7h00 du matin avec pour objectif de rejoindre le village de Barpak, situé à 1950m d’altitude dans le massif de l’Himalaya. La route a été très longue, nous avons mis presque 9 heures de bus (avec 1 pause boisson et 1 pause repas du midi) pour rejoindre le terminus de notre long chemin. Barpak est un village de 950 maisons et de 4000 habitants.

Dimanche 29 octobre 2017, 17h36. Jour 3

 Trajet en bus Katmandou – Barpak (1950m). Environ 9 heures de bus dont 3 heures 30 sur une route en terre défoncée.

En repensant à cette folle journée, la sortie de Katmandou ce matin à été mythique. Cette ville est immense et très polluée. Les routes principales de la ville ne sont peu ou mal goudronnées, ce qui provoque donc un gros panache de poussière et de fumée à chaque passage de voiture. De nombreux habitants de Katmandou portent des masques anti-pollution pour se protéger de la fumée et de la poussière.

Après 3h30 de route environ, nous avons quitté depuis Katmandou la direction de Pokhara pour entrer dans une immense vallée, celle du Manaslu. S’en est suivi 5 heures de voyage sur une route en terre non goudronnée, en mauvaise état et parfois presque totalement défoncée. C’était impressionnant, notre bus se secouait dans tous les sens, laissant derrière lui une traînée de poussière gigantesque. Un grand bravo à notre chauffeur qui a été très fort. Les 6 derniers kilomètres de route avant d’arriver à Barpak sont dantesques. Le chemin s’élève fortement et serpente à travers la forêt. Certains passages étaient aériens, mieux vaut ne pas avoir le vertige si vous êtes assis du côté de la vitre.

Cependant, nous avons été récompensés de ce dur voyage car l’arrivée à Barpak a été fantastique. Nous avons eu le droit à un arc-en-ciel, un coucher de soleil formidable et une vue enivrante sur un sommet enneigé de plus de 7000 mètres, le Buddha Himal. Ce sommet se situe en arrière-plan face à Barpak, et est majestueux.  En arrivant au village, nous avons assisté à une procession puis nous avons visité cette petite ville. Certains habitants vivent dans des conditions très très précaires, cela n’a pas été simple à voir.

18h05: le repas du soir est prévu à 19h00, nous avons hâte d’être demain et de pouvoir enfin commencer à marcher dans le massif de l’Himalaya. Ce soir, nous dormons dans une lodge rudimentaire, située en plein milieu de village. La nuit est tombée vers 17h45, nous allons nous coucher vers 20h00, et le réveil est prévu le lendemain matin à 7h00. La nuit va être longue… très longue! Il va falloir être patient et se reposer, bonne nuit.

Lundi 30 octobre 2017, 17h00. Jour 4 

Jour de marche, étape Barpak (1950m) – Laprak (2100m). 9,31 kms, 4h43, 911m+ et 653m-.

La nuit a été longue et difficile à Barpak. Une femme du village est décédée la semaine dernière, nous avons donc assisté hier soir à une cérémonie Népalaise d’aurevoir. Cérémonie qui s’est poursuivie toute la nuit puisque les habitants du village ont joué au tambour jusqu’à l’aube pour chasser l’âme et l’esprit de la défunte. Il y a donc eu beaucoup de bruits, et nous avons eu un peu froid. Les murs des lodges où nous avons passé la nuit étaient en taules, l’isolation n’était donc pas au top. Et que dire des 2 rats, qui traversaient régulièrement le plafond de notre chambre. Ce matin, nous nous sommes réveillés vers 6h00. Petit déjeuner à 7h00, départ à 7h30 pour rejoindre le village de Laprak. En partant, nous avons eu le droit à un dernier panorama magnifique sur le sommet enneigé du Buddha Himal.

Nous étions tous très contents de partir et de pouvoir enfin commencer à marcher. Notre jeune guide, Sujit, a ouvert la voie. Au total, nous étions 15 (nous 8, 4 porteurs, 2 sherpas et 1 guide) et nous serons 15 pour la suite du trek. Notre journée a débuté par une marche sur un long et raide sentier nous menant sur la crête surplombant le village de Barpak. Il a fait rapidement chaud, mais nous avons alterné régulièrement les pauses photos et les ravitaillements. Le paysage, en y repensant ce soir, est tellement magnifique... Des forêts à perte de vue, surplombées par d’immenses sommets blancs. J’ai tellement de chance d’être ici et de pouvoir faire ce trek.

Au sommet de la crête, nous avons basculé sur le nouveau village de Laprak, baptisé « New-Laprak« , en rapport avec la ville de New-York aux USA. Ce village en construction est entièrement construit à neuf par des militaires et ouvriers Népalais et Indiens. Nous avons mangé notre repas du midi à la sortie de New-Laprak, dans une petite lodge en taule. Nous avons poursuivi notre descente jusqu’au véritable Laprak. Ce village est étalé sur une demi-vallée et compte plus de 580 maisons. Comme pour Barpak, les habitants de Laprak sont pauvres. Les conditions de vie sont très rudimentaires, les habitants vivent dans des conditions très précaires. Mais les enfants comme les adultes sont accueillants, souriants, heureux de nous recevoir et chaleureux comme personne sur terre.

Précision sur le véritable Laprak et le New-Laprak: lors du séisme de 2015, le village de Laprak a été ravagé par les fortes secousses du tremblement de terre. Des coulées des boues ont emportées plusieurs maisons, et nous avons vu lors de notre passage, 2 ans et demi plus tard, les dommages causés par ce séisme. Construit en pleine pente et dans une zone à risque, Laprak est à nouveau menacé par les futurs tremblements de terre. Pour éviter une nouvelle catastrophe, le gouvernement a lancé la construction d’un nouveau village, « New-Laprak », dans une zone plate et moins dangereuse que là où est situé l’actuel Laprak. Mais « New-Laprak » se situe 450m de dénivelé plus haut que le véritable Laprak, ce qui pose problème pour les habitants du village. En échange d’une prime, les habitants de Laprak devront déménager dans le nouveau village d’ici un an. Mais de nombreux habitants refuseront, que ce soit par amour pour leur village actuel et par inquiétude d’aller habiter dans un village plus haut. Quoi qu’il arrive, New-Laprak sort de terre grâce aux ouvriers Indiens et Népalais. Les nouvelles maisons sont construites avec les normes antisismiques… affaire à suivre.

20h00: nous avons bu 2 bonnes bières ce soir dans notre lodge de Laprak. Notre lodge est charmante, mais par contre les chambres ressemblent à des chambres froides de l’ancien temps. Quelle angoisse et quelle tristesse! Après l’apéro, nous avons retrouvé notre ami René Boitte, président de l’association « Tarentaise-Népal » qui oeuvre énormément pour le village de Singla depuis plusieurs mois! René est arrivé en Jeep de Katmandou aujourd’hui, et prendra la direction de Singla demain matin, comme nous.

En fin d’après-midi, nous nous sommes baladés rapidement dans le village de Laprak. Personnellement, j’ai été touché par les 2 mêmes choses depuis mon arrivée au Népal: la gentillesse des Népalais, leur courage, leurs forces, leurs sourires mais également par les conditions de vie difficiles dans lesquelles vivent les habitants de Barpak. Dans certaines maisons, les bancs pour manger servent de lits pour dormir. Des bâches en plastiques remplacent les toits de certaines maisons, des enfants se baladent en petites sandales ou pieds nus alors que nous, nous sommes en chaussures de montagne rigides et Gore-Tex. Des femmes, souvent d’un certain âge, portent dans leurs dos des paniers entiers de morceaux de bois, d’herbes, de branches…

Cela n’a pas été facile à voir… Nous devons aider les Népalais et les habitants de ces petits villages. Face aux montagnes des Alpes développées et industrialisées de chez nous, le choc est rude. Entre montagnards du monde entier, nous devons nous serrer les coudes et nous entraider.