Hier soir, quand j’ai demandé à SOM combien de temps nous mettrons pour faire en bus le trajet « Bhulbhule – Katmandou », il m’a répondu avec son habituel, beau et grand sourire « 6 heures si le camion n’est pas malade« . Ce matin, nous sommes partis à 8h00 du camp de Bhulbhule, village terminus de notre tour du Manaslu… Et nous sommes arrivés à 19h à Katmandou, après 11 heures de trajet. INTERMINABLE! Le camion n’est pas tombé malade, mais les péripéties se sont enchaînées. Récit.

Lundi 13 novembre 2017, 22h45. Jour 18

Jour de bus, Bhulbhule – Katmandou. 10 h de trajet, 130 kms LOL.

Quelle journée de dingue… De ma vie, jamais je n’avais vu un bouchon routier aussi gigantesque! La route d’accès à Katmandou, celle qu’utilisent les camions Indiens pour venir dans la capitale Népalaise depuis l’Inde, était complètement saturée! Nous sommes restés plusieurs heures à l’arrêt dans une ambiance folklorique et délirante: klaxonnes, embouteillages, accidents, des motos de partout….

Tant pis, j’en ai profité pour admirer le paysage, pour regarder les différents villages que nous avons traversé et pour finir mon livre du voyage, « Mon père Pablo Escobar » de l’écrivain Juan Pablo Escobar, fils du plus grand narcotrafiquant de tous les temps. Un livre passionnant qui retrace la montée au pouvoir de ce jeune colombien de Medellín qui deviendra le chef de la plus grande mafia de l’univers. Cet ouvrage explique également sa descente aux enfers, ses crimes les plus atroces, son rapport à sa famille et aux affaires et ses méthodes pour tenir à flot le célèbre cartel de Medellín.

Retournons au Népal… Nous sommes arrivés donc à Katmandou vers 19h, fatigué mais heureux d’en avoir fini avec ce long voyage. Voyage qui restera dans les annales! Après avoir pris une bonne douche chaude à l’hôtel, nous sommes sortis mon oncle Bamboué, ma tante Cécile et moi boire une bonne bière et manger un gros burger dans un des bistrots de Thamel, le quartier chic et huppé de Katmandou. Le retour à la civilisation est agréable, après 15 jours passés en haute-montagne. Thamel, comme à son habitude, est bondé de monde… Mais nous arrivons tout de même à trouver un endroit au calme, loin des vendeurs ambulants, des lumières, des drapeaux de prières Tibétains, des petites boutiques de souvenirs et des voitures! En buvant la première gorgée de ma bière, je repense à ce qui vient de se passer et je SAVOURE! 

Ce soir, je vais finir mon récit et je vais allez dormir! Demain, nous avons prévu de visiter Katmandou et de se reposer toute la journée.  Après-demain, notre projet sera de visiter le centre de Changu Narayan à Bhaktapur ainsi que de se rendre au célèbre Stûpa de Bodnath. Quel changement… Hier, nous étions dans le calme en pleine nature, dans le petit village de Bhulbhule. Et ce soir, nous sommes de retour dans les artères délirantes et bondées de monde du quartier de Thamel! Quel choc!

En parlant de choc, l’entrée dans la capitale Népalaise a été bouleversante. J’ai pu voir à travers la vitre du bus des gens dormir à même la route, des Népalais dormir dans des petits lits en arrière-plan de leurs boutiques, des chiens errants par dizaines, des enfants en grand nombre se baladant et jouant au milieu des voitures, des motos, et des camions.

La route d’entrée à Katmandou longe des dizaines de petites boutiques: magasins de bonbons, coiffeurs, ferrailleurs, garagistes, vendeurs de pneus, de motos…. Toutes ces boutiques sont petites, sales et recouvertes d’une épaisse et grasse poussière laissée par les véhicules. En regardant à travers la vite, je me rends compte qu’ 1 népalais sur 2 porte un masque antipollution… Cela est triste à voir. Comme dit plus haut, les propriétaires de ces petites bicoques vivent dans leurs commerces et dorment à même le sol sur des matelas ancestraux et marron de poussière… Pas simple à voir. N’oublions pas que le Népal est l’un des pays les plus pauvres du monde.

Le retour à la réalité a été brutal. Après 15 jours passés en montagne, j’avais en « quelques-sortes » oublié cette pauvreté… Pauvreté qui vient de se rappeler à moi, moi qui suis ce soir dans un bel hôtel de Katmandou, dans un lit très confortable, fatigué mais le ventre plein. J’ai de la chance, beaucoup de chance! Une chance inestimable.