En cette fin d’année 2018, une question me taraude: suis-je, encore une fois, tombé dans le surentraînement? Plusieurs fois par le passé, j’ai été victime de ce symptôme. Lorsque je courais à haut niveau en athlétisme (demi-fond, 400m & 800m), je me suis mis régulièrement dans le rouge, en surentraînement. À chaque fois, les causes ont été les mêmes et les symptômes identiques!

Les causes & symptômes du surentraînement 

Et depuis quelques jours (10 jours environ), je pense que je suis tombé à nouveau dans le surentraînement. Pourtant, je n’ai pas augmenté ma charge de travail physique contrairement au passé, ou à chaque fois, je souffrais de ce symptôme à cause d’une augmentation significative de mes entraînements hebdomadaires. Dès que je faisais du biquotidien et dès que je courais + de 7 fois par semaine, je tombais dans le gouffre du surentraînement. Je pouvais mettre plusieurs semaines à m’en remettre! Mes analyses sanguines étaient catastrophiques (fortes anémies!) et mes batteries étaient à 0. J’étais lassé et presque dégoutté de la course à pied. À l’époque, je me rappelle que j’avais fait des recherches sur le surentraînement… J’avais lu un article très intéressant de Thomas Lorblanchet, grand champion de Trail, qui expliquait que le surentraînement pouvait aussi être une conséquence d’une vie privée et d’une vie professionnelle difficile, sans forcément augmenter sa charge d’entrainement habituelle.

Pour lui, et je le vois de cette manière, le corps humain ressemble à une batterie rechargeable, batterie partagée entre le mental et le physique. Si vous faites un footing, la batterie va se décharger de moins 15%… Si vous faites un footing après une longue journée de boulot, la batterie va se décharger de moins 25% (15% de fatigue physique et 10% de fatigue mentale)…. Si vous faites une sortie ski de randonnée de 2 heures, la batterie va se décharger de moins 30%… La nuit,  et sur les journées de repos, avec une bonne alimentation, la batterie se recharge. De + 20% par nuit, de 10% par jour de repos… Et ainsi de suite! Pleins de critères sont à rajouter à cette méthode de fonctionnement. Une vie privée heureuse fera recharger votre batterie de + 10% chaque jour, une soirée alcool avec des amies fera décharger votre batterie de -5%… Bien évidemment, ces « pourcentages » ne sont pas les mêmes entre sportifs… Les sportifs de haut niveau verront leur batterie se décharger plus doucement, et se recharger plus rapidement.

Exemple: la semaine commence le lundi… Si le lundi soir, après une journée de boulot, vous faites un footing de 1 heure, votre batterie va descendre à 75%. Un bon repas le lundi soir, une bonne nuit, et le matin votre batterie sera à 95%. Mardi, vous faites repos. Une nouvelle bonne nuit de sommeil, une alimentation saine, et hop, mercredi matin la batterie est à 100%! Vous pourrez donc courir le mercredi soir! Mais si par exemple, vous dormez mal le lundi soir, et si vous faites une grosse séance le mardi soir, alors le mercredi matin, votre batterie sera à 75%… Le surentraînement se déclenche donc au moment où les récupérations entre les entraînements ne sont pas assez suffisantes et qualitatives! Les batteries ne font que descendre, et ne se rechargent jamais! Et croyez-moi, il est très difficile de faire remonter à 100% une batterie qui est descendue à 35%…

Malheureusement, cette fin d’année 2018 n’est pas évidente pour moi. Professionnellement, pour les fêtes de noël, je suis passé de 38 heures à 47 heures/semaine de travail, soit du 6 jours sur 7! J’ai enchaîné les soirées et repas de fin d’année, mes heures de sommeil se sont donc considérablement réduites et mon alimentation s’est détériorée (avec plus d’alcool que d’habitude). Enfin, j’ai été très touché sentimentalement par un décès… J’ai fait de grosses insomnies à cause d’un gros stress et d’une terrible contrariété. Sportivement, comme depuis quelques mois, je m’entraîne 3 à 4 fois par semaine (course à pied, piscine & ski de randonnée) mais avec toutes ces péripéties et tous ces problèmes, mon corps récupère beaucoup bien moins. Les douleurs liées à ma maladie ressortent…

En reprenant tout depuis le début, les causes entraînant les symptômes du surentraînement sont évidentes: charge de travail trop importante, nuits difficiles, insomnies, récupération trop courte et non complète, stress psychologique personnel inhabituel, stress environnemental inhabituel, récupération insuffisante, fatigue psychologique,  problèmes médicaux (ma maladie et ses douleurs), alimentation difficile, abus d’alcool… Et depuis 10 jours donc, je ressens clairement les principaux symptômes du surentraînement:

  • Chute de mes performances sportives! Sur mes dernières séances, j’étais beaucoup moins bien physiquement que sur ces 2 derniers mois. Je me sens fatigué à l’entrainement, lassé, j’ai perdu de la puissance dans les jambes et mon cœur bat beaucoup plus vite que d’habitude! Je le ressens clairement lorsque je fais du dénivelé.
  • Gros besoin de sommeil! Depuis 1 semaine, je peux faire des nuits de + de 10h30 de sommeil! Ce qui est très rare pour moi. Mon corps et mon esprit ont donc grand besoin de récupérer!
  • Trouble du sommeil. Car même si je dors beaucoup, je dors mal. Je me réveille de nombreuses fois par nuit, avec le cœur qui bat vite, et avec la bouche sèche! Les sensations de déshydratation et de soif sont aussi, des importants symptômes du surentraînement.
  • Mes jambes sont lourdes, très lourdes. Mes cuisses me brûlent quand je monte quelques marches, et quand je dois porter des cartons et des charges lourdes au boulot. Je sens que musculairement, je suis fatigué!
  • Mon cœur s’emballe à l’effort (lors d’une petite côte), mais également au repos et au calme…
  • Mon humeur est un peu perturbée… Je m’énerve beaucoup plus rapidement que d’habitude!
  • Enfin, je suis un peu lassé par l’entrainement. Je suis moins heureux de partir courir le soir, et je n’ai plus la motivation pour faire du ski de randonnée le matin avant le boulot… Et pour moi, et pour les médecins et sportifs, ce symptôme est grave! Il faut que j’arrête les bêtises, et vite.

Le diagnostic est donc évident! Je suis à nouveau tombé dans le surentraînement. Je n’ai pas encore de baisse de l’appétit, ni de baisse de ma capacité concentrationnelle (qui sont les symptômes les plus graves), mais je dois faire très attention. La pente à remonter peut être longue et très difficile. Je suis déçu, car je me sentais très en forme sur ces dernières semaines. Mes sensations à l’entrainement étaient excellentes… C’est dommage, mais je vais prendre les choses en main. Des maintenant, je vais:

  • me coucher plus tôt le soir, pour avoir un sommeil de meilleure qualité.
  • Je vais moins forcer à l’entrainement, même si je vais continuer mes 4 séances de sport par semaine! Je vais monter moins haut dans mes efforts cardiaques, et je ne vais pas faire de fractionné pendant au moins 15 jours.
  • Je vais, heureusement pour moi, arrêter de travailler les dimanches (pour le moment en tout cas). Ce jour de repos supplémentaire va me faire le plus grand bien.
  • Je vais arrêter les soirées, les fêtes, et les apéros avec les copains.
  • Je vais manger plus de fruits, faire une cure de vitamines (avec du Ginseng), boire moins d’alcool et manger plus sainement…
  • Je vais essayer de me changer les idées, de moins travailler sur mon Blog, de ne plus penser au passé et à des événements qui m’ont blessé.
  • Je vais aller faire une prise de sang pour voir l’entendue des dégâts, et mes éventuelles carences…

Je vais arriver à m’en remettre, j’en suis persuadé! J’ai des gros objectifs pour l’année 2019, et je dois être en forme pour continuer à réaliser mes rêves! Place donc à un peu de repos, et à un mode de vie plus sain. Si vous aussi, vous avez été victimes du surentraînement et si vous ressentez en ce moment ces mêmes symptômes, n’hésitez pas à me laisser un petit message pour me faire part de vos remarques et impressions… À très vite!