Longue (très longue) journée randonnée en montagne. Ce samedi 17 août 2019, j’ai réussi l’ascension du sommet de la Pointe de Ronce (alt 3612m) dans le massif du Mont Cenis (Savoie). Avec ses 3612 mètres de hauteur, la Pointe de Ronce est le point culminant du massif du Mont Cenis. La randonnée a durée plus de 9h14… J’ai vraiment souffert et j’ai fini mon parcours très fatigué.

Je suis parti du lac du Mont-Cenis et j’ai emprunté l’itinéraire du Col du Lou et des crêtes de la Pointe de Ronce. Cette randonnée est incroyable de beauté, avec 7 sommets de + de 3300 mètres d’altitude dont la célèbre Pointe du Lamet. Technique et aérienne, cette course d’arrête est l’une des plus belles des Alpes, mais également l’une des plus difficiles physiquement ! Récit…

Les arrêtes de la Pointe de Ronce : du Col du Lou à la Pointe de Lamet (massif du Mont Cenis)

Date: 17 août 2019.
Durée: 9h14 d’efforts au total dont 4h40 min de montée du Plan des Fontainettes (alt 2093m) au sommet de la Pointe de Ronce (alt 3612m).
Météo: grand soleil, mais du brouillard par intermittence.
Dénivelé: 2128m positif et 2128m négatif. J’ai fait une sortie longue de 25,94 kilomètres.
L’équipe du jour: seul, malheureusement.
Massif: Mont-Cenis, département Savoie.
Itinéraire d’ascension: départ du Plan des Fontainettes (alt 2093m) – Fort de Ronce (alt 2294m) –  Col du Lou (alt 3042m) – Signal du Grand Mont Cenis (alt 3377m) – Pointe de Ronce (alt 3612m) –Pointe du Vieux (alt 3464m) – Pointe du Chapeau (alt 3419m) – Pointe de la Haie (alt 3452m) – Col du Lamet (alt 3404m) – Pointe du Lamet (alt 3504m) – Lieu dit le Baracon des Chamois – Sentier de Grande Randonnée du Mont Cenis – Plan des Fontainettes.
Carte IGN: TOP 25 référence 3634OT.
Accès départ: depuis la France, direction la vallée de la Maurienne, puis de la Haute-Maurienne et de Lanslebourg. Continuez votre chemin jusqu’au Col du Mont-Cenis… Le Plan des Fontainettes, lieu de départ de la randonnée, se situe 3 kilomètres après le Col du Mont Cenis en bordure du lac, à proximité de la pyramide du Mont-Cenis.

Une chose est certaine, je n’arriverai pas à vous faire un compte-rendu précis de ma journée rando à la Pointe de Ronce. Il y aurait tellement de choses à dire, de choses à expliquer… Je suis passé par tous les états et par tous les sentiments. Le plus simple est donc de vous faire part de mon ressenti sur cette course en haute montagne :

La randonnée a été longue et j’ai rapidement été très fatigué. Les 9 heures de marche/d’escalade et les presque 2200 mètres de dénivelé positif m’ont épuisé. J’ai souffert comme rarement, surement à cause d’une grosse fatiguée liée à mon travail. Les éternelles descentes et montées m’ont vidée de mon énergie. Je n’ai pas été à l’aise sur plusieurs portions d’arrêtes, parfois très aériennes. Je ne suis pas pourtant sensible au vertige mais j’ai eu des hauts le cœur à de nombreuses reprises. J’ai mis presque 4h40 minutes pour arriver au sommet de la Pointe de Ronce, alors que j’espérais un chrono de moins de 3 heures.

Techniquement, j’ai souffert. Les nombreux topos que j’ai lus sur internet considèrent le sommet de la Pointe de Ronce comme une « randonnée classique avec quelques passages aériens »… Je dois dire que je ne suis pas d’accord avec cette description. Cette « randonnée » est bien plus ! Les nombreux passages d’escalades notés en 2A, 2C et 3A sont tout de même très aériens. Une chute à certains endroits serait fatale ! Il y a du gaz, et même si on ne met pas les mains à chaque fois, les dévers sont terribles et il faut faire très attention où mettre les pieds !

Le temps passé à + de 3000 mètres d’altitude (au moins 7 heures) fatigue l’organisme. J’ai même eu un petit mal de tête… Prenez de l’eau et de la crème solaire car le soleil brûle fort à cette altitude et surtout sur ce gigantesque tas de rocher qu’est la Pointe de Ronce. D’un point de vue du matos (je me posais beaucoup de question avant de partir), le passage sur les crêtes n’implique pas obligatoirement du matériel d’alpinisme. Pendant 6 semaines environ (de fin juillet à fin août), le passage est tout terrain. Vous passerez quelques mètres au-dessus des glaciers. Le reste de l’année (de fin août à début juillet), chaussures cramponnables et crampons obligatoires ! Moi, j’avais avec moi dans mon sac à dos les crampons ainsi qu’une paire de LA SPORTIVA TRANGO TOWER. Presque 2 kilos de poids inutiles…

Logistiquement, la course d’arrêtes de la Pointe de Ronce peut se décomposer en 4 grandes étapes:

  1. Du lac du Mont Cenis (alt 2093m) au Col du Lou (alt 3042m). Vous passerez devant le Fort de Ronce avant de prendre la direction des crêtes du Mont Cenis. Pas de difficultés particulières mise à part les 100 derniers mètres de dénivelé avant le Col du Lou… Le chemin passe alors dans un pierrier raide et instable. Au Col du Lou, la bataille commence !
  2. Du Col du Lou (alt 3042m) à la Pointe de Ronce (alt 3612m). Vous escaladerez les sommets du 1er Signal du Grand Mont Cenis (3377m) et le 2ème Signal du Grand Mont Cenis (3356m). Les premiers passages en escalade commencent… (du 3A…). En arrivant à la Pointe de Ronce, ne pensez pas que le plus dur est fait… Car le plus dur arrive ! Profitez quand même de la vue, qui est juste magique.
  3. De la Pointe de Ronce (3612m) à la Pointe de Lamet (alt 3504m). Le passage le plus infecte de la randonnée. Le chemin longe la crête, monte, descend, monte, descend, monte… Un enfer. Certains passages après la Pointe de la Haie sont vertigineux, et en très fort dévers. Une chute ? Le cimetière…  J’ai serrer les fesses comme rarement en montagne. L’arrivée à la Pointe de Lamet est spectaculaire.
  4. De la Pointe de Lamet (alt 3504m) au lac du Mont Cenis (alt 2093m). Au sommet de la Pointe de Lamet, un petit sentier difficilement trouvable part au Sud Ouest du sommet et bascule dans un immense pierrier. Une longue descente de 1400 mètres de dénivelé négatif débute. Le pierrier est instable, je vous conseille fortement d’avoir des bâtons pour cette portion. Vers 2950 mètres d’altitude, le sentier en descendant part à droite. Vous dépasserez des anciennes battisses avant de prendre un long sentier vous ramenant au Mont-Cenis.

Malgré tout, je garde un excellent souvenir de cette journée car je suis très heureux d’avoir réussi le point culminant du massif du Mont-Cenis. Une ligne de plus à mon « palmarès »… Après le massif des Bauges, du Beaufortain, de la Lauzière, de la Vanoise du Mont Blanc et des Aravis, voici un nouveau point culminant de massif réussi!

Si vous avez des questions à me poser, n’hésitez surtout pas, je vous répondrai avec grand plaisir. La Pointe de Ronce en été est un sommet difficile et très fatiguant, qui se mérite… 😉 À très vite !