Bonjour les ami(e)s,

J’espère que vous allez bien..je vous remercie chaleureusement de venir visiter mon site internet! Tout vas bien pour moi, je profite de l’hiver au maximum et de ses paysages fantastiques ! Les sorties de ski de rando s’enchaînent un peu partout en Tarentaise, seul ou accompagné de mon papa… que ce soit dans la superbe station de ski d’Arêches Beaufort, sur les pistes de la station de la Sambuy ou dans ma vallée de coeur, Valmorel. La forme est la, c ‘est que du bonheur !

J’écris aujourd’hui un petit article sur un sujet qui me passionne et qui est très important de maîtriser et de connaitre pour la haute montagne, le mal aigu des montagnes, ou le mal d’altitude des montagnes (appelé également la maladie de Monge). Chaque année, des centaines d’alpinistes sont victimes des symptômes de cette souffrance, et des accidents très graves se

produisent, parfois même entraînant la mort. Je me rappellerai toujours de cet alpiniste, qui lors de mon ascension du Kilimandjaro en 2011 en Tanzanie, s’était écroulé à côté de Katrina et moi ( mon amie Française), à la descente après avoir réussi le sommet…..Cela fait peur lorsqu’un accident de ce type arrive, et cet événement m’avait sacrement bouleversé. L’alpiniste avait heureusement été pris en charge très rapidement par un médecin et par les guides du camp de base à 4600m… j’espère que ce petit article pourra vous éclaircir sur ce sujet et vous donner les informations nécessaires pour ne jamais être victime de ce Mal, ou du moins en maîtriser les symptômes si cela vous arrive.

Le mal d’altitude des montagnes, qu’est ce que c ‘est :

Je définis ce mal et ses symptômes comme la conséquence d’une montée beaucoup trop rapide d’un organisme en altitude. L’organisme ne s’adapte donc pas assez rapidement à la diminution d’oxygène dans l’air, et au nouvel environnement. Cette raréfaction de l’oxygène provoque un phénomène appelé Hypoxie, se caractérisant par un manque d’oxygène dans les tissus du corps humain. Ce phénomène peut passer inaperçu, ou avoir une incidence plus ou moins grave sur un organisme humain.

Le MAM se produit donc lors d’une montée trop rapide en haute montagne. Que ce soit à pieds, ou même quelques fois en remontées mécaniques.. il peut arriver en effet que des touristes n’ayant aucune expérience en haute montagne, soient des victimes légères de ce mal en restant la journée au sommet du téléphérique de l’aiguille du midi à Chamonix (3842m), car la montée en haute altitude a été trop soudaine, et l’organisme n’a donc pas été acclimaté et préparé à ce changement d’environnement. Les touristes restant seulement quelques minutes au sommet ne seront pas touchés par le MAM.

Les victimes principales restent cependant, dans l’immense majorité, des alpinistes et des randonneurs. Ce mal peut toucher des personnes en très bonne condition physique et en très bonne santé, mais n’étant pas habituées à la haute montagne et au manque d’oxygène. L’organisme reçoit moins d’oxygène auquel il est habitué. Le MAM augmente très rapidement avec l’altitude et peut toucher tout le monde. Un de mes amis faisant de l’athlétisme à très bon niveau (33 minutes sur 10km) a échoué à 3 reprise lors de tentative d’ascension du Mont Blanc, car son acclimatation a été mauvaise et qu’il n’avait pas habitué son organisme aux efforts en altitude.

Les symptômes:

Les symptômes de ce mal n’apparaissent pas immédiatement, mais au bout de quelques temps (4 à 8 heures) passés en altitude. Ces symptômes sont des vertiges, des maux de tête parfois très violents, une accélération du rythme cardiaque, des nausées et troubles de l’équilibre, des vomissements et des troubles du sommeil. Dans les cas les plus graves (2% des cas), un œdème cérébral peut même se produire. Il se traduit par le gonflement et une accumulation de liquide dans les tissus intra ou extracellulaires du cerveau. Ceci provoquera le coma, et même parfois la mort.

Statistiquement, les maux de têtes sont les symptômes les plus fréquents du MAM (96% des cas), devant les insomnies (70% des cas), une perte d’appétit (38% des cas), et enfin les nausées et vomissements (35% des cas).

Je pense que la cause principale de ce mal est une absence ou une mauvaise acclimatation d’un organisme humain à la haute montagne. Puisque la quantité d’oxygène diminue, en fonction de l’altitude et se raréfie, les globules rouges en distribuent moins et doivent donc augmenter pour approvisionner l’organisme en oxygène. L’air étant moins dense en haute montagne, les inspirations d’un alpiniste sont donc moins chargées en oxygène. Ce mal peut intervenir dès 2000m d’altitude. D’après des statistiques, 7 personnes sur 10 seraient victimes de ce MAM pendant l’ascension du Mont Blanc, et 1 personne sur 2 en Himalaya. En effet, plus l’altitude est importante, plus les risques d’avoir le MAM augmentent: 20 % des alpinistes souffrent du MAM à 2000m, 50% en souffrent à plus de 4000m.

D’autres facteurs peuvent amplifier ce mal, comme un abus trop important de narcotiques, une grande fatigue avant l’ascension d’un sommet (les carences en fer aggravent et amplifient les symptômes), un alcoolisme trop excessif, un excès de poids, et un manque de conditions physiques. Avec l’aide de plusieurs documents Internet et papiers sur le sujet, il est possible de dresser un « score à points » à partir de symptômes observés. Ces symptômes s’additionnent les uns aux autres. Par exemple, une insomnie (1 point) et des nausées (1 point) valent 2 points au total :

1 point pour : Maux de têtes, douleurs dans la boite crânienne, Nausées et perte d’appétit, Insomnies, vertiges.

2 point pour : Maux de têtes résistants aux aspirine (1g) et vomissements.

3 points pour : Essoufflement au repos, baisse du volume d’urine, fatigue anormale et très importante.

A faire :

Total de 1 à 3 points (MAM léger): antalgique et aspirine (1g).

Total de 4 à 6 points (MAM modéré): Antalgique, repos immédiat et arrêt de la montée en altitude.

Total 6 points et plus (MAM sévère): descente obligatoire et immédiate, et caisson si pas de descente possible.

Comment l’éviter :

Pour moi, la meilleure façon de ne pas souffrir du MAM est de s’acclimater parfaitement avant la montée en altitude. Il est donc impératif d’effectuer des entrainements, ou de dormir en haute montagne avant une montée en altitude, pour habituer son organisme à la haute montagne. Avant notre ascension du Mont Blanc en 2010, nous avions avec mon père effectué des entraînements de plus en plus haut en montagne (ascension du Grand pic, du Grand Bec, et de la Cimes Carron à Val tho) pour nous habituer à faire du sport en Haute Montagne. Je venais également chez mon père, pour dormir à Val Tho pour pouvoir acclimater mon organisme. J’ai répété ces protocoles pour le Kili en 2011, et pour l’Aconcagua (6962m), en 2013. Mon départ pour l’Aconcagua était prévu le 20 janvier 2011…j’ étais resté sur Val Tho (2300m d’altitude ) les 15 premiers jours de Janvier, pour dormir la haut et effectuer des entrainements au dessus de 3000m.

Il est également impératif d’effectuer une très bonne acclimatation sur place, lors de l’ascension du sommet. Il ne faut jamais griller les étapes, et respecter avec attention les plans d’ascensions et les jours de repos. Pour le kili, nous avons réussi le sommet au bout de 5 jours, après avoir respecter des paliers d’acclimatation.
Jour 1: 2000m à 2800m
Jour 2 : 2800m à 3800m
Jour 3: 3800m – Montée à 4600m-Descente et nuit à 3900m
Jour 4 : 3900m- 4600m
Jour 5: 4600m – 5895m (sommet).

Ces paliers sont impératifs et permettent à l’organisme de s’habituer doucement à la haute montagne. Pour l’Aconcagua, il m’aura fallu presque 10 jours pour pouvoir réussir le sommet. Je n’arrivais pas à être patient, mais grâce à TATO, qui m’a calmé et qui a organisé mon planning, j’ai réussi le sommet sans aucun problème, malgré un gros coup de fatigue durant l’ascension finale. En haute montagne, une fois l’altitude de 3000 m atteinte, il est conseillé de ne jamais faire des paliers de plus de 400m de dénivelée positif par jour, et entre deux nuits consécutives! Voila pourquoi, pendant ma dernière journée d’ascension de l’Aconcagua, mon organisme a mal supporté le pallier Nido de Condores (5300m) – Sommet (6962m) 😉
Une excellente hydratation est également impérative! Car en montagne, les processus d’hyperventilation et l’air sec accélèrent la déshydratation. En argentine, je buvais presque 5 à 6 litres d’eau par jour. La règle est de boire avant d’avoir soif, pour régénérer les cellules, permettre aux glucides de se transformer en énergie, et évacuer les toxines acides.
D’autres petits conseils et astuces peuvent vous éviter de souffrir du MAM, comme éviter les bonnets, masques ou frontales exerçant une pression trop importante sur la boite crânienne, dormir avec le haut du corps redressé, se protéger du soleil, être à l’écoute de son corps et éviter les efforts trop intenses.

Si vous êtes victime du MAM…

D’après mes souvenirs, j’ai été victime par 3 reprises du MAM, une fois pendant mon ascension du Kilimandjaro, et 2 fois pendant l’ascension de l’Aconcagua. Heureusement, les symptômes ont été très minimes et j’ai pu poursuivre mes ascensions.
Au kili, j’ai mal supporté le jour 3, où je suis passé de 3800m d’altitude à 4600m, avant de redescendre dormir à 3900m. Je n’ai pas réussi et je n’ai pas eu l’intelligence de monter doucement. Trop euphorique, j’ai accéléré et j’ai même lâché le guide ! Grave erreur, les heures d’après ont été pénibles, surtout la nuit où j’ai très peu dormi. J’avais mal à la tête et mon cœur battait très fort dans ma poitrine. J’étais également très agité et je n’arrivais pas du tout à dormir. Heureusement, le lendemain matin, les symptômes avaient disparu et j’ai poursuivi l’ascension avec Katrina! Nous avons atteint le sommet 1 jours plus tard.
A l’Aconcagua, je pense avoir été victime du MAM une fois à la montée pendant la période d’acclimatation, puis pendant l’ascension finale.
J’ai souffert lors d’une montée où je portais mon matériel au camp numéro 1 (+ de 18 kilos sur le dos!), depuis le camp de base de Plaza de Mulas (4300m) à Nido (5400m). J’ai eu mal à la tête pendant la descente sur le chemin retour, avec des vertiges, mais sans trop de conséquences, heureusement!
C’est pendant la dernière montée vers le sommet, le dernier jour d’ascension, que j’ai eu les symptômes les plus violents ! Déshydratation , mal à la tête, envie de vomir… J’étais également très fatigué, et je devais faire de vrais efforts pour me forcer à avancer..une fois au sommet (6962m), je me suis précipité dans la descente, que j’ai dévalée le plus rapidement possible pour pouvoir revenir à une altitude plus clémente ! Un sacré mauvais souvenir avec des symptômes très désagréables…. j’espère ne plus jamais être victime du MAM!

Il existe des protocoles et des moyens permettant d’atténuer légèrement les symptômes du MAM et de prévenir ceux-ci,mais qui ne fonctionneront pas si une bonne acclimatation n’a pas été effectuée au préalable:
– Les inhibiteurs stimulant une meilleure ventilation cardiaque (comme l’acétazolamide et le diamox). Ce médicament est l’alternative la plus fréquemment utilisé , à conditions de le pendre 24 heures avant le début d’une ascension (12h à 24 h pour que le médicament agisse); le diamox stimule la ventilation, et à pour effet de faire baisser la pression dans la boite crânienne.
– Les corticoides.
– 1 g d’aspirine suffit si les symptômes sont très légers. L’aspirine prévient des douleurs à la tête et aux muscles.
Vous devez également vous reposer, ralentir votre courbe d’ascension (par exemple en prenant un jour de repos et en restant à la même altitude sans faire de dénivelée).

Si les symptomes persistent :

La meilleure chose à faire si vous êtes victimes de ce mal est une descente et un retour à une basse altitude, ou de stopper immédiatement la montée en haute altitude. Une descente de -500m en dénivelé peut améliorer très rapidement l’état de santé d’un alpiniste.
Si une descente est impossible, et que les symptômes s’aggravent, il est très important d’utiliser un caisson hyperbare (de nombreuses agences de voyages proposant des treks en haute altitude l’ont avec eux). Dans les grands sommets fortement fréquentés, les médecins ou guides présents dans les camps de bases en possèdent.

Ce moyen est très efficace pour atténuer les symptômes en cas de forte crise. Un caisson hyperbare ressemble à une petite tente, que l’on gonfle avec une pompe. La personne victime du MAM est ensuite installée dans le caisson, où une altitude basse est simulée. Par exemple, pour une pression de 220mb dans le caisson à une altitude de 4700m, l’altitude fictive dans le caisson est de 2200m. Ou à une altitude de 7000m, l’altitude fictive dans le caisson avec une pression de 220mb est de 3775m! Cela est donc très utile ! Mais, une fois le processus à l’intérieur du caisson terminé, le bénéfice est de courte durée . Il faut donc redescendre très rapidement et perdre de l’altitude…

Voila, j’espère de tout cœur avoir été clair et que ce petit article vous aura aidé! Soyez prudents. A très vite les ami(e)s…