S 96, acronyme de mon nouveau défi « Sommets 96 », c’est un projet assez simple, mais complètement fou. Ce projet, c’est celui de découvrir, de recenser, d’atteindre et de gravir le point culminant de chaque département de France ! Un projet dingue, un projet magique !

Comment ce projet s’est déclenché ? Quelles en sont ses origines ? Je vous en dis plus dès maintenant!

Originaire de Tarentaise (Savoie), j’ai grandi jusqu’à mes 18 ans dans le petit village de Raclaz, tout près de la station de ski de Valmorel. Passionné de sport et de montagnes, j’ai d’abord pratiqué le judo, le football et le ski club en compétition. Mais force est de constater que je n’étais pas fait pour ces sports. Peu musclé pour le judo, un grand manque de confiance pour le sport en équipe, un cruel manque de puissance musculaire pour le ski… Je me suis alors tourné vers l’athlétisme et plus particulièrement sur le demi-fond. Un sport exigeant physiquement et mentalement, où l’on se retrouve seul face à soi-même pour progresser. J’ai commencé le « haut niveau » à l’âge de mes 17 ans au club de l’AS Moûtiers, avant d’être transféré au club de l’ASA Aix-les-Bains 3 ans plus tard, l’année de mes 20 ans.

Le 400m (RP: 50scd91) et le 800m (RP: 1min55) sont devenus mes distances fétiches. Je garderai en souvenir de ces belles années 3 médailles de bronze aux championnats de France par équipe jeune (2010, 2011 et 2012). Je garde également en mémoire de superbes rencontres, comme celles avec mon entraîneur Robert Bogey, l’entraîneur Pierro Carraz, de grands athlètes tels que Hakim Merzougui, Christophe Lemaitre et Abdelkader Bakhtache…

Aujourd’hui en 2019, la course à pied est une grande passion et un véritable plaisir, me permettant de m’évader et d’être heureux ! Je cours encore 2 à 3 fois par semaine, en fonction de mon emploi du temps et de mes diverses occupations…

La montagne au fond du cœur… 

Mais montagnard au fond du cœur, l’alpinisme et la randonnée en montagne sont depuis toujours ce que j’aime faire le plus au monde. Passionné par les voyages et les aventures, je rêve de parcourir le maximum de montagnes dans le monde et de découvrir les sommets les plus mythiques de la planète. Du Népal et des pentes du Manaslu à la Cordillère des Andes en passant par l’Afrique et la vallée du RIFT, je me régale et je réalise mes rêves les uns après les autres.

Après avoir gravi en une journée seulement le sommet du Mont Blanc en 2010 (4810m, point culminant d’Europe Occidentale), j’ai réussi le Kilimandjaro en Tanzanie au mois de février 2011 (5895m, point culminant d’Afrique) puis le Cerro Aconcagua en janvier 2013 en Argentine, en totale autonomie et en solitaire (6962m, point culminant des Amériques). J’ai poursuivi mes expéditions d’année en année en réussissant le sommet du volcan du Teide sur l’archipel des Canaries (3718m, point culminant d’Espagne), le sommet du Zugspitze (2962m, point culminant d’Allemagne) et le sommet du volcan du Ponta do Pico aux Açores (2351m, point culminant du Portugal)… J’ai également réussi le point culminant de chaque pays de la Grande Bretagne (Five Peaks Challenge) ainsi que le point culminant du Pays-Bas, du Luxembourg et de la Belgique…

Avec des parents amoureux de la randonnée et de la montagne, habitant au cœur des Alpes, j’ai la chance d’avoir un immense terrain de jeu à proximité de chez moi. Je me suis lancé en 2015 dans l’ascension des sommets les plus mythiques de la Savoie et de la Haute-Savoie, par l’intermédiaire de la rubrique « Sommets des Savoies » de mon Blog. J’ai eu la chance de faire en courant et/ou en ski de randonnée le point culminant du massif de la Vanoise (Grande Casse), du massif des Bauges (Arcalod), du massif du Beaufortain (Roignais), du massif de la Lauzière (Grand Pic) et du massif des Aravis (Pointe Percée)… La vie est belle en Savoie, et je me régale !

La Maladie… 

Mais en fin d’année 2016, ma vie de sportif a basculé. Le 02 février 2017, après des semaines de douleurs aux doigts, aux pieds, aux mains et aux épaules, un diagnostic tombe enfin. Je suis atteint d’une polyarthrite rhumatoïde, maladie auto-immune provoquant l’inflammation et la déformation des articulations.

La PR est en autre terme « une maladie dégénérative inflammatoire chronique, caractérisée par une atteinte articulaire souvent bilatérale et symétrique, évoluant par poussées vers la déformation et la destruction des articulations atteintes »… Une définition qui même encore aujourd’hui en la lisant, me fait froid dans le dos. Le diagnostic de cette maladie a rapidement été un choc personnel. Un coup terrible, une tristesse immense, une incompréhension totale, le tout couplé à la certitude de devoir guérir et de se battre. Quoi qu’il arrive, je dois garder la tête haute, je dois me battre, pour recommencer à skier et à courir, car faire du sport fait partie de ma vie.

Depuis plus de deux ans maintenant, je prends un traitement puissant, et qui heureusement, est très efficace. Tous les lundis soirs, je prends du méthotrexate en cachet (10mg), et pendant plus de 18 mois, j’ai dû me faire moi-même des injections sous cutanée de Bénepali. À haute dose, le méthotrexate est utilisé pour soigner les tumeurs cérébrales. Le Bénepali, lui, agit comme une biothérapie ! À noter que le terme « Biothérapie » signifie que j’ai fait une thérapie avec des produits biologiques… Quand une chimiothérapie est une thérapie avec des produits chimiques ! Les termes sont différents, mais les effets secondaires sont proches… Mes traitements sont puissants et me fatiguent ! En 6 mois de traitements (du 02/2017 au 08/2017), j’ai perdu tout niveau sportif, et j’ai grossi de + de 12 kilos !

Associer ma maladie à ce projet (S 96) est indispensable. Je veux me montrer à moi-même, que malgré mes douleurs, ma vie de sportif continue. Mes objectifs ont changé, mes rêves se sont transformés, mes ambitions ont été revues à la baisse, mais l’aventure et le sport font plus que jamais partie de ma vie. J’ai une revanche à prendre… Je veux également montrer aux autres malades atteints de la polyarthrite rhumatoïde que la volonté est plus forte que tout. Au mois de mars 2018, j’ai rencontré pour la première fois d’autres malades à l’hôpital Reine Hortense d’Aix-les-Bains. Ces échanges et ces rencontres m’ont bouleversé. Pour eux, et pour moi, je veux continuer à vivre comme si de rien n’était. J’ai un message clair à passer : malgré la maladie, la vie continue. La volonté est plus forte que tout !

Il y a un an, alors que ma maladie s’était un peu endormie et que je remontais tout doucement la pente après un formidable voyage dans l’Himalaya, j’ai eu un nouveau gros coup d’arrêt. Le 30 décembre 2017, presque un an après le déclenchement de ma maladie, j’ai fait une chute de 3 mètres de hauteur… Je suis tombé d’un toit, et je me suis cassé une vertèbre. J’ai été opéré sous anesthésie générale au service neurochirurgie de l’hôpital de Grenoble, et j’ai malheureusement replongé dans les travers des douleurs et des hôpitaux. Galère…

La rémission et la volonté de continuer! 

Après deux années pénibles et difficiles, après 24 longs mois de rémission et de combat, il est temps de repartir à l’aventure. Je dois continuer mon histoire et je dois continuer de réaliser mes rêves. Et cela tombe bien… Très bien ! Car depuis quelques mois maintenant, un nouveau projet me titille ! Et me titille beaucoup. À un point qu’il me démange. Ce projet, un peu fou, c’est celui de grimper, d’escalader, de découvrir et/ou de visiter le point culminant de chaque département de France !  Un projet ambitieux, un projet magique ! Une aventure incroyable, un voyage qui j’en suis sûr, sera inoubliable. Et surtout, un projet logique, qui correspond parfaitement à ma passion pour « les points culminants de … ».

Avec un corps abîmé et meurtri par ma polyarthrite (ma maladie et ses douleurs) et par plusieurs accidents (5 opérations sous anesthésies générales et plusieurs fractures), je dois prendre soin de moi et je ne peux malheureusement pas pour le moment, me lancer dans un autre projet… Les 8000 de l’Himalaya m’attendront encore un peu. Mon rêve ultime, surement !

Après des mois remplis de douleurs mentales et physiques, il est temps de repartir à l’aventure. J’ai un combat à mener, et je veux me battre ! J’ai hâte de débuter ce projet, et en cette fin février 2019, je n’attends que cela. J’ai besoin de nouveauté et j’ai besoin d’aventure… Avec plus de 60 sommets réussis dans les Savoies sur ces 4 dernières années, que ce soit en ski de randonnée et/ou en courant, une certaine routine s’est installée. Les principaux sommets, je les ai faits. Les plus beaux massifs, je les ai vus ! Je le redis, mais j’ai besoin d’aventure. L’inconnu m’obsède. Je rêve de belles rencontres. Je suis très heureux de partir visiter et de partir découvrir des nouveaux et beaux massifs, des somptueuses et incroyables forêts, à la recherche de mes « points »…

Après des mois de recherches et d’analyses de données, après des soirées entières à balayer la France et ses départements à l’aide du GNSS (Global Navigation Satellite System) et de ses satellites, ma liste est faite. Mes 96 départements / 96 sommets / 96 points sont identifiés. Il n’y a plus qu’à confirmer ces recherches sur le terrain, et à atteindre ces points précis.

Il est temps de (re)partir à l’aventure… 

Début mars 2019, je partirai en direction du département de l’Ain (01) pour atteindre le sommet du Crêt de la Neige (alt 1720m), premier des « points culminants » de mon long et beau projet. Avec dans mon sac à dos, mon GPS Garmin InReach, ma montre SUUNTO G9, mon IPhone et l’application Iphigénie.  Les satellites Américains (GPS), Européens (GALILEO), Russes/soviétiques (GLONASS) et Chinois (BeiDou-2) actuellement en orbite dans l’espace sont prêts, j’ai des relevés précis à effectuer ! 96 sommets m’attendent, dans ces 48 prochains mois d’aventures… Je vais prendre mon temps, je ne suis pas pressé. Je vais faire ces points les uns après les autres, en prenant un maximum de plaisir.

D’un point de vue sportif et logistique, la partie Nord de la France sera roulante, et se fera « rapidement ». Ce ne sera pas de la montagne, ni de la randonnée, mais de la course à pied et de l’orientation chirurgicale pour trouver des points, qui, pour certains d’entre eux, ne sont mêmes pas référencés. La partie Sud de la France, elle, sera bien plus complexe. Surtout dans les Alpes et dans les Pyrénées. Ce sera de la vraie montagne, de la haute randonnée et de l’alpinisme. La montagne que j’aime…

Je suis impatient… J’ai un nouveau rêve à réaliser. La vie est belle. La volonté est plus forte que tout.