Salut à toutes et à tous !
Voici un petit résumé de mon ascension réussie de la montagne du Zugspitze, point culminant d’Allemagne culminant à 2962 mètres d’altitude, le 20 Juillet 2014. Après plusieurs mois de patience et d’entraînements, me voici enfin reparti à l’aventure, en cette fin du mois de juillet 2014. Un grand bonheur et un grand soulagement. En contrat à durée indéterminée au magasin d’Intersport Albertville depuis fin juin, je parviens à me libérer un lundi pour profiter d’un long week end! Direction l’Allemagne et le district de Haute-Bavière, dans le massif montagneux du Wetterstein, en plein cœur des Alpes Bavaroises.

La Zugspitze est une montagne qui se situe sur la frontière avec l’Autriche, mais le point culminant est en Allemagne. Il existe de nombreux moyens pour rejoindre son sommet, dont 2 téléphériques et un train à crémaillère, le célèbre “chemin de fer de la Zugspitze“. Pour informations, il est possible de monter en téléphérique au sommet de la Zugspitze, que ce soit par le côté Allemand (depuis le hameau du Eibsee situé à Grainau) ou/et par le côté Autrichien (depuis le petit village d’Obermoos sur la commune d’Ehrwald). De la gare d’arrivée de ces remontées mécaniques, le sommet officiel est à 2 minutes de marche, à 50 mètres à vol d’oiseau du restaurant. 

J’ai cependant choisi, comme à mon habitude, la manière sportive : tenter de réussir le sommet en un jour seulement, à pied et en courant, départ depuis le bas (Garmisch-Partenkirchen) le jour même. La journée va être longue, l’effort sera de taille! 

Pour mon ascension, j’ai choisi d’emprunter la voie du Reintal (Wetterstein), depuis la superbe ville de Garmisch-Partenkirchen (708 mètres d’Altitude). Le Reintal (“Rein Valley”) est le nom donné aux vallées supérieures et inférieures de la rivière Partnach entre la “Zugspitzplatt” et la “Partnachklamm gorge”.

JOUR J: après une très longue nuit de voiture, le jour J est enfin arrivé. Je suis parti hier soir vers 20h00 d’Albertville (Savoie) et je suis arrivé sur Garmisch-Partenkirchen vers 5h50 ce matin. Je suis fatigué par le trajet, le voyage a été épuisant. J’ai roulé avec ma petite Peugeot 206 pendant plus de 680 kilomètres à travers la Savoie, la Haute-Savoie, la Suisse, la République Tchèque et enfin l’Allemagne. La traversée de la Suisse a été épique… Genève, Lausanne, Berne, Zurich, tant de villes traversées pour rejoindre ma destination. 

JOUR J, 8h30: je décide de déclencher le départ pour la Zugspitze dans la matinée derrière le Stade de saut à ski de Garmisch, le “ski Stadion“. N’ayant pas étudié les cartes, j’ai mis presque 1h15 à trouver mon chemin 😉 Une sacré erreur de débutant que je ne ferai plus! Je retrouve mon itinéraire grâce aux pancartes et parviens au ‘Reintalanger Hut’ (1366 m), une cabane du Club alpin Allemand dans les montagnes de Wetterstein à la tête de la Reintal vallée. La rivière Partnach coule à sa source dans les environs. La maison a plus de 90 couchages et est géré à partir de la fin mai jusqu’à la mi-Octobre. Je ne m’arrête pas, je marche et je cours à un bon rythme. Pour l’instant, je suis épargné par la fatigue. 

Les paysages sont grandioses et impressionnants. Il fait chaud, et le soleil est présent, contrairement aux prévisions des sites météos. Je m’arrête plusieurs fois pour recharger mes bouteilles. Après 2h30 de course et de marche intensive, le chemin s’élève pour rejoindre progressivement “Knorr Hut” (2052 m), refuge où il est possible de s’arrêter dormir pendant l’ascension. Le chemin, tout au long de la vallée du Reintal, est très bien indiqué. Il est presque impossible de se perdre. Les pancartes d’orientation sont régulières. Je croise de nombreux alpinistes, redescendant du sommet. Je me sens bien, et continue mon chemin vers le glacier. Au loin, quelques nuages font leurs apparitions. Le mauvais temps et les orages arrivent… J’aperçois au loin les remontées mécaniques du glacier de la station de Garmisch, et minutes après minutes, je me rapproche du haut du glacier. Le sentier serpente à travers la pente, dans un rythme soutenu! 

Au détour d’un sentier, j’aperçois le “chemin de fer de la Zugspitze”. Ce petit train récupère les voyageurs à Garmisch et les emmènent sur le glacier du Zugspitze, à la gare d’arrivée du chemin de fer, à 2600 mètres d’altitude. De là, un autre téléphérique emmènent les voyageurs à la gare finale de la Bergstation à 2955 mètres d’altitude. Le sommet n’est donc plus très loin… Pour infos, ce chemin de fer est long de 19 kilomètres et a été inauguré en 1930. D’après ce que j’ai pu entendre, la montée en téléphérique au sommet de la Zugspitze est splendide. Les paysages traversés, du centre de Garmisch à la moraine du Glacier, sont incroyables.

À proximité du téléphérique pour rejoindre le sommet, je tourne à droite et commence la dernière longue et raide partie de l’ascension. De nombreux barreaux et câbles de Via Ferrata permettent d’avancer en toute sécurité. Les paysages sont très impressionnants, je me concentre un maximum car je ne suis pas attaché sur les portions de Via ferrata. Je rejoins enfin la gare d’arrivée du téléphérique, arrive sur la plateforme finale et je rejoins la croix du sommet avec un grand sourire! Après 6h 10 de montée depuis Garmisch, je suis au sommet du Zugspitze, point culminant d’Allemagne! Un immense bonheur, le paysage est merveilleux.

De nombreux touristes sont présents au sommet, après avoir utilisés les différentes remontées mécaniques pour rejoindre la Zugspitze. Il est même possible au sommet du Zugspitze de manger au restaurant (Bière et hot dog) et d’acheter des souvenirs avant de redescendre dans la vallée. De nombreux visiteurs escaladent les derniers mètres du sommet en tongues et en sandales. Un enfant joue avec des pierres sur la crête sommitale… s’il tombe, c’est la mort assuré! Quelle imprudence! Une image de la montagne que je ne partage pas … Je ne m’attarde pas.

Après une petite pause au restau du Zugspitze et un bon ravitaillement, je commence une longue descente pour rejoindre Garmisch-Partenkirchen. En me levant de la table où j’ai mangé, mes jambes se bloquent. Je suis très fatigué et le manque de sommeil commence cruellement à se faire ressentir. Il va falloir être fort, très fort. Si je ne tiens pas, je ferai une petite sieste un peu plus bas dans la vallée. 

La descente est interminable… Je suis exténué, mon portable ne passe pas, mon MP3 n’a plus de batterie et je n’ai plus de vivres de course. Sur la fin de la descente, je marche + que je ne cours. Finalement, je parviens au parking du Ski Stadion après plus de 9 heures d’effort dans la journée. Au total, je suis à près de 50 kilomètres de course et 2500m + et 2500m – de dénivelée (après avoir cherché mon chemin pendant + de 1h15). Je rejoins l’hôtel Mercure de Garmisch pour une longue nuit de sommeil. Après un bon repas et un long bain, je m’effondre dans mon lit. Le réveil demain matin sera brutal et douloureux. 

JOUR + 1: après une longue nuit de sommeil et un très bon petit déjeuner, je pars me balader dans Garmisch-Partenkirchen. Je ne le savais pas, mais j’apprends que la station de Garmisch-Partenkirchen est né en 1935, de la fusion de deux communes allemandes proches l’une de l’autre, Garmisch et Partenkirchen. Ce rapprochement, cette fusion des 2 communes, a été décidé par Adolf Hitler, pour que la station puisse accueillir les Jeux Olympiques d’hiver de 1936. En ne faisant qu’une station, Garmisch et Partenkirchen devenaient plus fortes financièrement, économiquement et politiquement. 

La ville est somptueuse. Je passe devant le célèbre club de ski-alpin de Garmisch-Partenkirchen, et je visite rapidement le magasin de sport de Christian Neureuther, le père de Félix Neureuther, immense champion de ski. L’après-midi, après une petite heure de shopping de souvenirs, je rencontre 2 Français, originaire de Chamonix, en vacances à Garmisch. Nous descendrons tous les 3 quelques bières… 

Le soir vers 18h, je rentre à l’hôtel. Je suis malheureux car j’aurai aimé passer quelques jours de plus dans Garmisch, à visiter les lieux et les autres sommets du massif du Wetterstein. Demain, le trajet retour sera interminable. 1400 kilomètres en 3 jours, ma petite voiture va souffrir. Et moi aussi, j’ai mal au dos, aux jambes, au bras. Je suis exténué mais très heureux, et fier d’avoir réussi ce sommet en une seule journée seulement. C’est une grande victoire pour moi, après avoir vécu une première partie d’année très difficile, d’un point de vue professionnel et sportif. Mais comme j’aime le dire, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort 😉 L’aventure continue, vivement la suite !

JOUR + 2, 10h00: l’heure du retour a sonné. Je branche mon GPS, je serai sur Albertville vers 20h00 ce soir. En quittant Garmisch avec une boule au ventre, la pluie fait son apparition. Elle ne me quittera pas jusqu’à mon arrivée à Albertville…