Ce sera le projet de l’année 2013 : l’ascension du Cerro Aconcagua, sommet culminant à 6962 mètres en Argentine ! Une sacrée aventure au bout du monde, dans la cordillère des Andes, que j’entreprends tout seul. Un beau pari, mais je suis confiant si je suis sérieux dans l’organisation de cette expédition et si je me construis une bonne forme physique et une acclimatation à de la haute altitude. Car avec ses presque 7000 mètres, l’Aconcagua est un colosse! Point culminant d’Argentine, l‘Aconcagua est également le plus haut sommet des Amériques et le plus haut sommet du monde “hors-Asie”. L’ascension de l’Aconcagua est une épreuve physique et mentale. Le départ est prévu pour mi-janvier, pour un mois sur place.

L’Aconcagua: le Géant des Amériques

Le Transfert Doucy – Mendoza a été mémorable: direction l’autre bout du monde, et je peux vous dire que le trajet a été épuisant. 13H00 de vol de Paris pour rejoindre Buenos Aires, puis 2 heures de vol entre Buenos Aires et Mendoza. À rajouter à cela 1h00 entre Lyon et Paris et 10 h 00 d’attente dans le grand Terminal de l’aéroport CDG, c’est épuisé que je suis arrivé au pied de la cordillère des Andes, après 2 jours de transport dans les avions et aéroports. Après une bonne nuit de sommeil dans le charmant hôtel Ibis de Mendoza, direction le centre de la ville pour récupérer le fameux permis d’ascension, indispensable pour rentrer dans le parc provincial de l’Aconcagua. Le permis se récupère de manière personnelle au bâtiment Cuba (Avenida San Martin 1143, 1er Psio – Ciudad de Mendoza – Argentina).

Je rencontre Corine et son ami Rodrigo, des amis Français habitant à Mendoza, d’une très grande gentillesse et avec qui je vais passer la journée. De retour le soir à l’hôtel, je prépare mes sacs pour la journée de demain et pour le voyage vers Puente del Inca, village d’entrée du parc de l’Aconcagua. J’ai hâte, je n’en plus d’attendre. Je profiterai de Mendoza et de ses délices à mon retour.

JOUR 1: trajet Mendoza – Puente del Inca. Environ 2 heures 15 de routes dans des paysages magnifiques. Pour info, j’ai payé environ 25€ le transfert entre les 2 villes dans un taxi privé. Le voyage est impressionnant, en plein milieu de très hautes montagnes, couleur terre battue, ou la route a été creusée en plein milieu des montagnes. Je suis très bien arrivé au petit village de “Penitentes-Puente del Inca”, petite station de ski, mais fermée l’hiver dernier car manque de neige. Je suis à seulement quelques kilomètres du Chili. Je rejoins ma petite chambre et le refuge de Puente del Inca, situé à 2500m d’altitude. Peu de monde, quelques Américains et 2 Français (tentant l’Aconcagua par la voie des Polonais). Je vais me coucher rapidement pour me reposer.

JOUR 2: trajet Puente del Inca – Horcones, puis Horocones Confluencia.

Cette nuit, j’ai très bien dormi. J’ai fait ce matin une petite balade dans Penitentes avant de prendre mon petit-déjeuner. Aujourd’hui, je vais rejoindre l’entrée du parc national de l’Aconcagua, à proximité du petit village d’Horcones, à 2950 m d’altitude et à 6 kms du refuge de la veille. Le paysage est merveilleux, l’Aconcagua se dresse majestueusement au-dessus du chemin montant au 1 er camp, Confluencia, à 3450m d’altitude. J’arrive là-haut après 2 petites heures de marche. Je suis en forme et je suis très heureux d’être ici. J’installe mon matériel pour passer 2 nuits dans ce camp, avant d’aller me balader dans les environs en fin de journée. Je dors ce soir dans une des tentes de l’entreprise 7000extreme. Cela m’évite d’installer ma tente pour 2 nuits. L’acclimatation débute!

JOUR 3: camp de Confluencia, 17h00. Je sors à l’instant du Checking médical. Tout est ok, je peux continuer. Le médecin a été adorable et me conseille de boire beaucoup : 4 à 6 litres d’eau par jour, pour une acclimatation idéale. Et de monter à mon rythme bien évidemment. Il regrette cependant que je sois seul, sans guide et sans assistance.

Tant pis, la visite s’est bien passée et j’en suis soulagé. Mon cœur bat très vite depuis mon retour de La Plaza Francia (104 BPM). Je redoutais de devoir passer une nuit supplémentaire à Confluencia. Je décide donc de préparer mes affaires et d’aller dormir le plus tôt possible. Aujourd’hui a été une longue journée. Je suis monté à la “Plaza Francia”, à 4300m d’altitude, place en mémoire d’une expédition Française. Les paysages étaient grandioses et magnifiques.  La descente a été interminable avec la chaleur. J’ai croisé seulement 3 personnes, dans un environnement démesuré et immense.

Demain sera une journée éprouvante. Au programme, entre 8h00 et 10h00 de marche, de 25 à 30 kilomètres pour rejoindre Plaza de Mulas, camp de base de l’Aconcagua.  Il faudra boire beaucoup et s’alimenter régulièrement. Réveil à 6h00, départ à 7h00, pour monter doucement et se protéger de la chaleur. L’Aconcagua commence enfin. Ce soir, les nuages ont disparu, le coucher de soleil est magnifique. La mule qui portera mon gros sac à dos est arrivée.

JOUR 4: montée au camp de Pluza de Mulas, deuxième plus grand camp de base du monde après celui de l’Everest. Des tentes de partout… il est possible de trouver à Plaza de Mulas des Guides, des Porteurs, des petites épiceries…

J’y suis enfin ! Après des mois de préparation, me voilà enfin au camp de base de l’Aconcagua ! Super et envoûtant. Et sous la neige !

La journée a été longue ! La plus pénible de toutes. 1100m de dénivelée et 25 à 30 km de distance. Mais l’ascension s’est bien passée, 4h55 au total, contre 8 à 10h prévu selon les témoignages. Le camp de base est immense. Je cherche et rejoins ma tente, et fais connaissance de Don Tato, 60 ans, patron de l’entreprise 7000 Extreme, où je vais loger jusqu’au jour ou j’irai déposer ma tente au camp de Nido de Condores à 5300 mètres d’altitude. Très sympathique et protecteur, Tato est un dentiste de Mendoza, passionné par la montagne et l’Aconcagua, qui pendant les 4 mois d’ascension du sommet vit au camp de base et prodigue ces précieux conseils aux alpinistes.  Il possède à son actif quelques sommets de 7000 mètres de l’Himalaya.

Je mange, je m’installe, je bois : l’objectif est de s’acclimater le mieux possible ! Il neigera en fin d’après-midi, et d’après certains guides, la voix d’accès au sommet est difficilement praticable. On verra bien. Je rencontre un groupe de belge, qui m’invitent à boire le thé chez eux ; demain, ce sera repos.

Quelques éclaircies en fin de journée réchauffent le camp de base. Je suis soulagé, j’ai enfin réussi à donner des nouvelles à mes parents par mails.  Mon téléphone ne passe pas. Je pense très fort à eux et à ma famille.

JOUR 5: repos à Plaza de Mulas. Petite balade entre les tentes pour me changer les idées. L’acclimatation continue, je m’hydrate le maximum. Il ne fait toujours pas beau, la météo est un mélange de vents froids et de flocons ! L’ambiance est pesante. Un homme a disparu vers 5600, un hélicoptère a survolé le camp lors d’une rare éclaircie. Un autre helico doit venir récupérer un allemand, mort avant-hier dans son sommeil à Nido de Condores. Je suis en haute montagne, avec ses joies et ses malheurs !

En fin d’après-midi, je construits mon programme d’ascension avec tato. Je serai dans une semaine seulement au sommet, si tout se passe bien. Je vais donc pouvoir me reposer et parfaire mon acclimatation, essentielle à cette altitude. Demain, ce sera l’ascension du Cerro Bonete, sommet culminant à 5004 mètres, situé derrière Plaza de Mulas, en opposé à la voie d’ascension montant vers le camp de Nido de Condores.

JOUR 6: je suis impatient ! L’ascension du Cerro Bonete (5005 mètres) prévu aujourd’hui, est un premier test idéal pour connaitre mon état de forme. Après un gros petit déjeuner, je pars en direction de ce petit sommet, sous un soleil magnifique. Ascension sans problèmes, réalisée en 2 h 15 depuis ma tente de Plaza de Mulas. Je reste 1h30 au sommet, lézardant sur les pierres, un bon livre dans les mains. Je suis en forme et très heureux d’être-là, je profite ! Je rejoins en 1h15 le camp de base PDM pour préparer mes affaires du lendemain. Ce sera jour de portage vers le camp de Nido de Condores, pour déposer tentes, recharges de Gaz et nourriture.

JOUR 7: montée à Nido de Condores pour poser le matériel.

Grande journée au programme. Après quelques conseils de Tato pendant le petit déjeuner, je commence l’ascension vers Nido de Condores le plus doucement possible, chargé comme un sherpa, pour poser du matériel à 5300 mètres. J’arrive à Nido après  5 heures de marche. Je suis très fatigué et j’ai mal à la tête ! L’effort est violent, avec près de 25 kilo dans le dos. Sieste d’une heure puis redescente vers le camp de base.

Dès mon arrivée à Plaza de Mulas, je m’hydrate et je m’allonge. Je ne suis pas inquiet pour la suite de mon expédition mais je dois faire très attention à l’altitude. La pression atmosphérique diminue à chaque mètre grimpé.

JOUR 8: repos à Plaza de Mulas. Lecture et petite balade dans le camp de base au programme de la journée. Je vais mieux, je n’ai plus mal à la tête. La météo est superbe, quelle chance d’être ici. Aujourd’hui, je vais me préparer pour le lendemain. La montée en altitude se poursuit. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ma petite tente que j’ai installée au camp de Nido de Condores hier. J’espère la retrouver en parfait état.

JOUR 9: montée à Nido de Condores (alt 5300 mètres) pour y dormir.

Je prends le reste du matériel, puis direction Nido ! Je dis au revoir à tato et le remercie pour toute son aide. En 5h00, me voici à Nido de Condores, en meilleur forme physique qu’il y a 2 jours, car plus léger. J’installe rapidement ma petite tente, fait fondre de la neige pour avoir de l’eau et commence à manger mes plats lyophilisés. Je me repose et je m’allonge sur mon matelas. En fin d’après-midi, un magnifique coucher de soleil me donnera chaud au cœur. J’installe de grosses pierres pour consolider la tente : je suis prêt à aller dormir, à 5300 mètres d’altitude, bien au chaud au fond de mon duvet.

C’est cause perdue ! Tato m’avait prévenu : Nido de Condores se trouve sur une crête, il va y avoir du vent ! Il ne s’était pas trompé : je me suis fait « démonter » toute la nuit par de puissantes rafales. Ma petite tente tremblait et se pliait sous la force du vent, malgré les grosses pierres que j’avais déposé lors de la tombée du jour. Heureusement, les renforts ont tenu. J’ai très peu dormi cette nuit-là, seulement 2 petites heures. A minuit seulement, mon eau avait gelée dans ma bouteille. Dur. Il faisait – 30 degrés, je tremblais de froid et j’avais même l’impression d’avoir du mal à respirer.

JOUR 10: au matin, le vent ne s’est pas calmé. Je ne suis pas sorti de ma tente avant 13h00, pour aller chercher de la neige la faire fondre, et avoir de l’eau. J’ai enchaîné les tisanes et les thés pour parfaire pour acclimatation toute la journée. À cette altitude, bien s’hydrater est primordial! 

Au programme: routine habituelle pour le reste de la journée : micro-siestes et manger. J’ai fait une brève tentative pour rejoindre le camp Berlin (alt: 5900 mètres), sans succès, car trop de vent. J’ai donc préféré faire demi-tour, et garder mes forces pour les heures de la nuit prochaine, la nuit du sommet de l’Aconcagua. Nous avons en effet décidé avec Tato, par radio, qu’il fallait que je tente le sommet depuis le camp de Nido et non depuis le camp Berlin à 5900 mètres. Je suis en forme, et un nouveau portage en très haute altitude pourrait me fatiguer. De plus, contrairement aux autres tentes du camp de Nido, je n’ai pas de porteurs et je suis absolument tout seul. Depuis ma tente, il me reste environ 1700 mètres de dénivelé.

JOUR 11: je regarde l’heure: minuit 10. Je n’arrive pas à fermer l’œil avant de tenter le sommet. Bien au chaud dans mon gros duvet, les pensées se bouleversent dans ma tête. Je suis inquiet mais confiant. Je décide de prendre le départ à 2h00. Finalement, le temps de s’habiller, de manger et de se préparer, je prends le départ à 3h30. Soulagé, le vent s’est arrêté. Pas de nuages, les étoiles scintillent au-dessus du camp ! La montagne parait calme, je m’élance enfin dans l’ascension du sommet. Je suis motivé comme jamais. Dans ma tête, je me répété les mêmes paroles: “rien de peux t’arrêter”. 

En 2h30 environ, j’atteins le camp Berlin (5900m). Le chemin est évident. Je suis très en forme, je grimpe à mon rythme, sous un ciel étoilé et sans rafales de vent. Je dépasse facilement l’altitude du Kilimandjaro, mon record à l’heure actuelle. Le soleil se lève, merveilleux. Des petites lumières s’agitent dans les tentes sur mon passage, je ne suis pas seul à tenter le sommet. Tant mieux, il y aura du monde sur l’Aconcagua.

Quelques photos, et me voilà en reparti en direction du sommet. Le chemin est tracé, et se voit de loin. Je rencontre un groupe d’alpinistes, avec un guide et 2 gendarmes du parc : ce sont des futurs gardes, en formation, tentant le sommet pour la première fois. Je me mets avec eux pendant quelques minutes, et accélère en les dépassant : le groupe explose. Je me retourne et aperçois au loin des longues files d’alpinistes, lancés eux aussi dans le sommet : pourtant, nous serons que 4 ce jour-là à avoir atteint le sommet.

Je dépasse 6300m d’altitude, je contourne le refuge d’Independencia, et suis obligé de ralentir le rythme. Il devient difficile de bien respirer correctement à cette hauteur. 5 pas, 10 secondes sur les bâtons, 5 pas, 10 secondes sur les bâtons… Je me retourne et suis toujours en contact visuel avec les autres groupes, loin derrière, à plusieurs minutes désormais. Je continue quelques minutes et arrive enfin devant la fameuse Canaleta. Seul au monde, personne devant, personne derrière. Même si je suis toujours en forme, je sens une grande fatigue montée. L’effort devient violent, je me concentre sur chaque pas que je dois faire. Le soleil tape fort à cette altitude, je ressens une sérieuse déshydratation. Je continue mon chemin et décide d’accélérer fortement ! Je veux arriver au sommet le plus rapidement possible et redescendre vers le camp de Nido de Condores : une fois en bas, tout ira mieux. Le seul point positif? Je n’ai pas mal à la tête.

J’avale à toute vitesse les derniers mètres ! Je suis exténue de fatigue, et j’ai très soif. Le sommet se rapproche, tout doucement. Je m’effondre sur les bâtons tous les 5 pas. Et finalement, après un dernier effort, me voici au sommet de l’Aconcagua, 6962 mètres, point culminant des Amériques et d’Argentine ! Un véritable rêve se réalise. Je suis très fatigué : pas essoufflé ni de mal de tête, seulement une grande fatigue après les 8 dernières heures de marche que je viens de faire. Il ne fait pas froid, il n’y a pas de vent : les conditions sont parfaites !

J’admire le paysage, époustouflant et magistral. Au loin à l’est, le Mercedario domine la vue. À l’Ouest, le chili. Tout droit, l’argentine et Mendoza ! C’est grandiose ! Quelques photos du sommet, et je me balance à toute vitesse dans la descente. Je récupère mon sac posé contre un rocher quelques mètres plus bas, sors de la Canaleta et croise un anglais : je l’encourage de tout mon cœur, il ne peut me répondre, exténué et apparemment en pleine souffrance. Je cours même sur des portions un peu moins raides, crampons aux pieds. Je dois boire le plus rapidement possible ! Je me concentre sur la descente, passe devant l’ancien groupe de futur garde, qui me félicite : eux n’iront pas aux sommets. Tout doucement, au loin, les nuages arrivent, signe avant-coureur de la grande tempête annoncée sur l’Aconcagua, qui fera 3 morts quelques jours après mon passage.

J’arrive seulement une petite heure plus tard au camp Berlin. Un homme vient à ma rencontre, me retiens car je titube. Il me donne un peu d’eau et à manger, je me sens mieux. Je n’ai plus d’eau depuis 3 ou 4 heures… Il m’encourage, le camp de Nido de Condores et ma tente ne sont plus très loin. J’arrive enfin 2 heures plus tard depuis le sommet, au camp de Nido, fatigué, déshydraté mais heureux comme jamais. Je mange, je bois, pendant des longues minutes, puis m’effondre de fatigue sur mon matelas et dans mon duvet. Vers 17h00, j’allume ma radio et je demande à Tato si je peux descendre à Plaza de Mulas. Il refuse, la nuit arrive et je suis trop fatigué.

Moi qui m’attendais à bien dormir, j’ai été déçu : des cauchemars et des spasmes, je me suis reveillé sans cesse. J’ai finalement abandonné l’idée de dormir à 4 heures du matin, préférant me préparer un thé, la musique et les grosses têtes me tenant compagnie.

JOUR 12: à 10H du matin, malgré le vent (de retour !) et la fatigue, je décide de retourner à plaza de Mulas. Je démonte en 30 minutes mon petit camp, et commence la longue descente vers le camp de base. Soulagé de partir de Nido, ayant réussi le sommet, mais sans dormir pendant près de 40 heures. Je suis toujours très fatigué : à 5100 mètres, je trébuche dans mes crampons et dévale la pente sur environ 100 mètres. Une grosse chute, mon duvet s’arrache de mon sac et se précipite dans une grande barre rocheuse, de 700 mètres de vide peut être. Je ne le retrouverai pas, malgré des recherches l’après-midi même et le lendemain. Je reprends mon chemin, chargé comme une mule, croulant sous tout mon matériel. J’arrive péniblement, 2 heures plus tard, au camp de base : je m’écroule dans les bras de Tato qui me félicite. Je bois, je mange, et je prends une douche avant d’aller raconter les détails de l’ascension. Je ne réalise encore pas ce qui vient de se passer. Le soir, je me balade entre les tentes du camp de base. Pour de nombreux alpinistes, la montée en altitude se fera demain matin. Pour moi, tout cela est derrière moi maintenant.

JOUR 13 & 14: les 2 derniers jours à Plaza de Mulas ont été très plaisants. Repos, lecture, et discussion avec mon ami Don Tato. La pression tombe enfin, et je dors beaucoup. J’enchaîne les siestes et les moments allongés dans mon lit. Je regarde toutes les photos que j’ai prises depuis le début du séjour, et repense à ce qui vient de se passer. Les larmes me montent aux yeux. J’ai enfin été récompensé de tous mes sacrifices de ces derniers mois.

J’ai rencontré beaucoup de monde au camp de base. Malheureusement pour eux, la tempête commence à faire de gros dégâts en altitude. Les ascensions sont pour le moment bloquées. Je donne le maximum de conseils, puis laisse à 2 géorgiens le reste de mes recharges de gaz et de mes plats lyophilisés. Je fais connaissance d’un brésilien, très courageux car arrivant d’Horcones avec son sac de 45 kilo dans le dos ! Respect !

JOUR 15: après 2 jours de repos, me voici parti pour Confluencia, puis pour horcones et Puente del Inca ou une voiture doit me ramener sur Mendoza. La descente est très longue, près de 40 kilomètres en sens inverse à celui de la montée, avalé en 5h30 environ. Je suis équipé léger, mon sac à dos est light, mon matériel (tente, matelas…) est descendu à dos de mules. J’arrive fatigué à l’entrée du parc ou Eugenia, fille de Tato, m’attend et me félicite. Adieu l’Aconcagua, direction la ville et l’hôtel pour se reposer et dormir ! Mes lèvres sont gonflées et explosées, mes yeux sont rouges, je suis blanc…. Ce n’est pas la grande forme ! Ce soir, je vais surement m’effondrer dans le grand lit de l’hôtel IBIS de Mendoza.

Je viens cependant de réussir un rêve ! J’ai réalisé l’ascension de l’Aconcagua, 6962 mètres, point culminant du continent sud-américain et géant des Amériques! Et seul, sans guides, en ne rencontrant pas de problèmes physiques ou matériels.

Je rêve désormais d’aller plus haut, et de découvrir les premiers 8000m Himalayens. En arrivant à Mendoza après 3 heures de route environ, je file à toute vitesse sous la douche (le bonheur!!) puis je pars commander au restaurant de l’hôtel un gigantesque steak accompagné de plusieurs bières. La nuit sera belle et longue.

JOUR 16 et suite du séjour…: les journées sont belles et douces à Mendoza. Je me repose, je fais de nombreuses siestes et je me balade chaque jour dans le gigantesque centre commercial situé à 1 kilomètre de mon hôtel. Je bois des cafés, des bières et j’avale des hamburgers toutes les 3 heures! Je passe des moments avec Corine et son amoureux, qui me font visiter Mendoza. L’ambiance de la ville est géniale, les commerces sont encore ouverts à 2 heures du matin! La vie comme je l’aime… le BONHEUR!