Quel beau sommet que celui de l’Aiguille de la Grande Sassière (alti 3751m)… Situé dans le massif des Alpes Grées, la Grande Sassière est un sommet mythique et unique dans le monde de la montagne puisqu’il vous offre la possibilité de monter à + de 3700 mètres d’altitude en baskets de Trail, si la crête finale est sans neige. Ce qui est très souvent le cas en été, mais pendant 15 jours environs seulement! Le reste de l’année, c’est piolet et crampons d’alpinisme! Renseignez-vous donc sur l’enneigement avant de partir pour choisir un matériel adapté.

Aiguille de la Grande Sassière, 3751m, Alpes Grées, depuis le barrage du Saut

Date: 21 juillet 2015.
Durée: 2h28 d’ascension et 1h34 de descente.
Météo: grand beau temps, seulement quelques nuages dans le ciel dans les massifs éloignés.
Dénivelé: 1500m positif et négatif. 14 kilomètres aller-retour…
L’équipe du jour: j’étais malheureusement tout seul pour cette belle randonnée.
Massif: Alpes Grées. Département Savoie.
Itinéraire d’ascension: départ du barrage du Saut (alt 2280m) – Plan de la Casette (alt 2590m) – Replat de la Grande Combe (alt 3100m) – Passage à proximité de la langue du glacier de la Sassière (alt 3300m) – Pied de la pyramide de la Grande Sassière (alt 3451m) – Sommet de l’Aiguille de la Grande Sassière (alt 3751m).
Carte IGN: TOP 25 référence 3532ET.
Accès départ: depuis Albertville, direction la Haute-Tarentaise en prenant la direction d’Aime, puis de Bourg-St-Maurice, et enfin de Tignes. Une fois arrivé à hauteur de l’impressionnant barrage de Tignes, continuez votre route sur un petit kilomètre avant de prendre sur la gauche la direction du « Villaret du Nial« , puis du barrage du Saut. Un grand parking est disponible à côté du barrage pour poser votre voiture.

Récit: la nuit a été courte. Départ à 6h30  d’Albertville pour rejoindre le pied du sommet de l’Aiguille de la Grande Sassière, mon objectif du jour. Je prends en voiture la direction d’Aime, puis de Bourg-St-Maurice, et enfin de Tignes/Val-d’Isère. Je ne vais que très rarement dans cette vallée, que je ne connais pas et qui est pourtant absolument magnifique. Une fois arrivé à hauteur de l’impressionnant barrage de Tignes, je continue ma route sur un petit kilomètre avant de prendre sur la gauche la direction du Villaret du Nial, puis du barrage du Saut où je vais garer ma voiture et commencer l’ascension. Le paysage est fabuleux. Le barrage du Saut est situé entre le barrage du Chevril et le barrage de la Sassière. Il appartient à l’un des plus grands ensembles de barrages Français. Il se situe à 2280 m d’altitude, et son parking symbolise l’entrée de la réserve de la Grande Sassière. Je gare ma voiture, je me change et commence mon chemin pour rejoindre le sommet. L’Aiguille de la Grande Sassière surplombe la vallée, et est très facilement visible depuis le parking de départ.

Je commence le petit sentier face au parking; il ne fait pas chaud pour le moment, et je suis en forme. La première partie de l’ascension se situe dans les alpages. Au fur et à mesure que le chemin s’élève, le fabuleux panorama de la vallée de Tignes apparaît. J’atteins rapidement le plan de la Casette, où j’effectue un premier ravitaillement en rattrapant un randonneur Anglais.

Je dépasse le randonneur Anglais et l’encourage, car celui-ci est essoufflé. J’arrive sans souci au vaste replat au-dessus de la Grande Combe, à 3100m d’altitude. Il est possible ici de faire des bivouacs. Le paysage est très impressionnant, et le relief très minéral. Nous sommes en haute altitude.

Je passe facilement quelques barres rocheuses, accompagné de 3 randonneuses; après un petit escalier taillé dans la roche, je rentre enfin sur la bordure en pierre du magnifique glacier de la Sassière. J’aperçois au-dessus le sommet de la Grande Sassière, et au loin la petite Sassière (3672m). Je rejoins rapidement le pied de la pyramide finale. Je n’ai pas eu besoins de mettre les crampons et de marcher sur le glacier car le sentier se situe sur les pierres et en bordure du glacier, et est donc sans neige.

Au pied de la pyramide, le dénivelé restant est de 300m +. La fatigue commence à arriver… Mes jambes sont de plus en plus lourdes, car il devient difficile de marcher vite à 3500m d’altitude. De plus, le terrain est très glissant, car la glace de la nuit se transforme en eau qui devient un véritable piège dans cette dernière partie d’ascension. Il est très important ici d’avoir des bâtons de marche /  de randonnée pour assurer quelques appuis difficiles,  avoir un bon équilibre et mieux répartir le poids du corps en déchargeant un peu les jambes.

Les derniers mètres ne sont pas simples physiquement. Le souffle se fait plus court, les jambes sont plus lourdes. J‘arrive enfin au sommet de l’Aiguille de la Grande Sassière après 2h28 d’efforts depuis le parking de départ. Je suis très heureux d’être ici et d’avoir réussi ce beau sommet. La vue sur Tignes, sur son glacier, sur le lac de la Sassière, sur le barrage du Chevril est exceptionnelle. J’aperçois de très nombreux sommets, tels que la Grande Motte et la Grande Casse, le Mont Pourri, le dôme de Sache, le Mont Blanc, la Tsanteleina, et de nombreux autres hauts sommets situés en haute-Maurienne. Je ne suis pas seul au sommet, un jeune randonneur est arrivé quelques minutes avant moi.

Je passe un petit coup de téléphone pour expliquer à mes parents où je suis… L’ascension s’est très bien passée, sans difficultés et sans problèmes. Les sensations ont été bonnes malgré une petite fatigue sur la fin de parcours. Je suis impressionné et attristé par l’état du glacier, sans neige et très ouvert. Tout cela est malheureux à voir… Après avoir mangé quelques barres de céréales, pris plusieurs photos, je me lance dans la descente pour retourner à la voiture. Je descends prudemment la pyramide finale, avec l’aide précieuse des bâtons. Je croise et encourage les randonneurs que j’ai doublé à la montée; ils ne sont désormais plus très loin du sommet.

Pendant la descente, je profite de ces superbes paysages. La vallée de Tignes, avec son Lac et son glacier, est vraiment très belle. Il commence à faire chaud en cette période de canicule. Mes jambes commencent à me faire très mal, je suis donc très heureux d’arriver à la voiture après 1h34 de descente. La dernière partie dans les alpages aura été longue. Je m’arrête quelques minutes au barrage du Saut pour rafraîchir mes pieds… Une très belle sortie se termine. Je reviendrai dans cette superbe vallée, c’est une certitude.